L’éternelle question du financement de la dépendance va revenir en débat, dans les semaines à venir. En juin dernier, le président de la République a promis une loi votée avant fin 2019. « Nous devons avoir un débat national, indispensable pour répondre au nouveau risque de la dépendance. Sur ce sujet, l'année 2019 sera consacrée à une loi qui sera votée avant la fin de l’année. », avait déclaré Emmanuel Macron, lors de son discours devant le congrès de la Mutualité à Montpellier.

Deux tiers des Français considèrent que l'État et les pouvoirs publics doivent "prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes", et seul un tiers est favorable à une nouvelle cotisation sociale "obligatoire pour tous", selon un sondage rendu public, en mars, par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

L’enjeu est de taille. D’ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de plus de 85 ans, contre 1,5 million aujourd’hui. Face à ce choc démographique, les dépenses liées à la dépendance, estimées aujourd’hui à près de 30 milliards d’euros annuels (24 milliards d’euros en dépenses publiques, le reste reposant sur les ménages), pourraient exploser.

Un débat de société qui permettra de remettre au cœur des préoccupations le devenir des personnes âgées en perte d’autonomie.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

01 octobre 2016
Vie sociale

L’ "âgisme" réduit l’espérance de vie des seniors

L’ "âgisme" réduit l’espérance de vie des seniors

La Journée internationale des personnes âgées, le 1er octobre 2016, sera l’occasion de lutter contre la discrimination envers les seniors, de dénoncer les stéréotypes et les idées fausses sur les personnes âgées et le vieillissement.

 


La discrimination envers les personnes âgées menace leur santé mentale et physique. Elle est un facteur d’isolement et de dépression. A l’occasion de la Journée internationale dédiée organisée ce samedi 1e octobre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est emparé du sujet.
Suivant la courbe ascendante de l’espérance de vie, l’incidence de la discrimination envers les personnes âgées gagne du terrain dans le monde. Mais à quel point la santé mentale et physique pâtit-elle de ces attitudes négatives (jugement, rejet…) ?


Pour y répondre, l"OMS s’appuie sur les résultats de la World Values Survey. Enquête regroupant plus de 83 000 participants à travers 57 pays. Résultats, « 60% des volontaires confirment, tous âges confondus, ce manque de respect envers les personnes âgées ». Et « les plus bas niveaux de discrimination sont rapportés dans les pays à revenu élevé ».

La discrimination envers les personnes âgées est une attitude largement répandue et préjudiciable basée sur l'hypothèse que la discrimination fondée sur l'âge, et parfois la négligence et la maltraitance des personnes âgées est une norme sociale et, par conséquent, est acceptable..


En 2014, les gouvernements du monde entier ont adopté une résolution au Conseil économique et social qui reconnaît la discrimination des personnes âgées comme « la source commune de la justification et la force motrice de la discrimination fondée sur l'âge. »


Appelé « âgisme », ce phénomène sociétal « est désormais commun. Peu de personnes prennent conscience du jugement porté sur les personnes âgées. Les stéréotypes sont ancrés en nous », explique John Beard, directeur du Département Vieillissement et de la qualité de vie de l’OMS.

 


Les personnes âgées qui pensent être un fardeau pour les autres perçoivent également leur vie comme ayant moins d’importance que celle des adultes et des jeunes, ce qui renforce le risque de dépression et d’isolement social. « L’exclusion de nos aînés diminue leur espérance de vie de 7,5 années ».

 

Cette forme de discrimination se traduit en effet par une forte exclusion, propice aux syndromes dépressifs et au manque d’estime de soi. « Logiquement, les personnes sujettes à la discrimination perdent progressivement le sens de leur existence ».


« A l’image de ce qui se passe avec le sexisme et le racisme, il est possible de modifier les normes sociales. Pour aller dans le sens d’une société équitable et respectueuse, il est grand temps de sortir de ce prisme discriminant ». Un changement de regard important quand on sait qu’en 2025, la proportion des plus de 60 ans aura doublé à l’échelle mondiale. Et en 2050, cette génération rassemblera plus de 2 milliards de citoyens.