Il y a 15 ans, la canicule d’août 2003 provoquait la mort de près de 15.000 personnes âgées en 15 jours. La France a tiré les enseignements de ce tragique événement. Depuis 2004, le gouvernement met en place chaque année un dispositif de surveillance, de prévention et d’action : le Plan Canicule pour prévenir les risques liés aux fortes chaleurs pour les personnes âgées vivant à domicile ou en établissement.

Mais cette canicule meurtrière a été également révélatrice de la problématique de l’isolement social des personnes âgées.

En 2014, le rapport MONALISA (Mobilisation Nationale contre l’Isolement Social des Agés) montrait que la France est le troisième pays d’Europe le plus touché par le problème de l’isolement : 23% des 5 millions des personnes isolées sont âgées de plus de 75 ans. En 2017, une étude réalisée par l'institut CSA pour les Petits frères des Pauvres dresse également un état des lieux préoccupant : 6% des personnes âgées de 60 ans et plus, soit 900.000 personnes, sont isolées des cercles amical et familial. Elles sont 300.000 à se sentir isolées des quatre cercles de proximité : famille, amis, voisinage, réseaux associatifs.

Les personnes âgées sont donc encore trop nombreuses à avoir pour seule compagnie leur solitude. Sur ce plan, 15 ans après la canicule historique, la société française a encore beaucoup à faire pour renouer et favoriser le lien social avec ses aînés.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

13 avril 2015
Vie sociale

Le lien social, une clé du bien-vieillir

Le lien social, une clé du bien-vieillir

Le maintien de liens sociaux joue un rôle majeur dans le bien-vieillir et dans l'éloignement de la perte d'autonomie. Un rôle que remplissent les auxiliaires de vie sociale auprès des personnes âgées isolées.

L’homme est un animal social disait le philosophe Aristote. Et c’est aussi vrai avec l’avancée en âge.  Aussi, d’après l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), l’isolement est un facteur de risque important sur la détérioriation de l'état de santé : il augmenterait par quatre le risque d’EDC (épisode dépressif caractérisé), par deux la détresse psychologique et par cinq les pensées suicidaires. "Le fait de vivre seul multiplie par quatre chez les hommes et par deux chez les femmes la probabilité de survenue d’un épisode dépressif au cours des douze derniers mois. Le fait de ne pas avoir eu d’activité de groupe ou de loisir au cours des 8 derniers jours, multiplie par deux la probabilité chez la femme d’être en détresse psychologique", souligne l’INPES.

La deuxième édition du Baromètre "55+", réalisé par TNS Sofres et publié le 30 mars, met également en relief l'importance des relations humaines comme "facteur clé du bien vieillir".

Le bon moral des séniors repose principalement sur le fait de vivre à proximité de leur famille et leurs amis (49% des réponses). De fait, 92% sont satisfaits des liens qu'ils entretiennent avec leur entourage (et 44% en sont même très satisfaits).
Parmi les clés du bon moral et du bien vieillir, les séniors interrogés citent :

  • De façon générale, le fait de sortir de son quotidien : se divertir (24%), voyager, (22%), participer à des activités collectives (22%), pratiquer de nouvelles activités (16%)…
  • Le fait de s'intéresser à l'actualité (36% des réponses)

"Bien vieillir et être en bonne santé n'a de sens pour les seniors que s'ils sont en relation avec les autres. Les liens sociaux jouent un rôle majeur dans le bien vieillir et dans l'éloignement de la perte d'autonomie. Le lien social est le plus efficace des médicaments ! Le baromètre 55+ montre combien avec l'âge, la tendance est à la réduction des liens sociaux, mais combien, aussi, la demande de rencontres et d'échanges reste vive",  souligne Serge Guérin, sociologue.

Avec l’avancée en âge, les occasions de créer du lien se réduisent. il est plus difficile de nouer de nouveaux liens à partir de 55 ans, selon 58% des personnes interrogées. Le taux monte à 63% à partir de 71 ans et à 74% pour les plus de 80 ans.

Les personnes âgées de 80 ans ou plus sont plus souvent en contact avec leurs enfants mais aussi avec les commerçants près de chez eux, leurs voisins et le facteur et l'auxiliaire de vie.
Selon le baromètre de TNS Sofres, 65% des 71-80 ans (et 64% des plus de 80 ans) donnent au facteur un rôle prépondérant (contre 45% chez les 55-60 ans) et 70% d'entre eux citent les auxiliaires de vie.

Pour rappel, selon une étude de la Fondation de France, 1 personne âgée sur 4. 27% des personnes âgées souffrent d'isolement social. Et les liens sociaux s’amenuisent plus particulièrement dans les villes et grosses agglomérations alors que la densité de la population y est plus élevée.  Plus de 50% des personnes âgées n’ont peu ou pas de réseau amical actif et que plus de 50% n’ont ont des contacts réduits ou inexistants avec leur famille. Dans ce cas là, l'intervention d'une auxiliaire de vie à domicile peut être bénéfique pour la personne âgée.