L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

26 mai 2014
Bons gestes

Bien réagir face à l'agressivité d'un malade d'Alzheimer

Bien réagir face à l'agressivité d'un malade d'Alzheimer

Les comportements agressifs sont fréquents chez les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Ils constituent la principale source de stress chez les aidants.


Agitation, agressivité verbale (cris, injures) ou physique (coups, morsures)… Les troubles du comportement chez la personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer augmentent avec l’évolution de la maladie. Ils surviennent généralement en réaction à un événement particulier : changement d'environnement qui apparaît étranger et inquiétant pour le malade, refus de la toilette, mauvaise interprétation d'un geste ou d'une parole de la famille.


Identifier les facteurs déclencheurs


"Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont très sensibles à leur environnement. L’aidant apprend à identifier les facteurs déclencheurs et les causes de l’agressivité ou de l’agitation du malade, les moments de la journée où cela se produit, de manière à éviter ces situations", explique Margaux Vatus, psychologue à Toulouse et membre de l’association française des psychologues à domicile.

Comment gérer l’agitation et les comportements agressifs de votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer ? "Il faut mettre en pratique les conseils classiques : limiter le nombre de personnes auprès de la personne âgée, lui parler d’une voix calme en étant en face d’elle, savoir l’écouter, la rassurer, la sécuriser sans l’infantiliser. Utiliser le contact, le toucher, faire diversion en cas d’agitation en lui proposant une activité", détaille Margaux Vatus. Il existe plusieurs thérapies non-médicamenteuses qui permettent de calmer l’agitation et l’agressivité d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer : la musicothérapie, l’aromathérapie, la thérapie par le dessin, les massages permettent de calmer la personne âgée.

 

Savoir passer le relais

 

Dans certains cas, le comportement de l’aidant peut être déclencheur de l’agressivité du malade d’Alzheimer. Par exemple, si la personne âgée refuse de manger ou de se déplacer, l’aidant va insister et cela engendre une réaction agressive du malade.
"Si l’aidant ne parvient plus à faire face à l’agitation de son proche, il est recommandé qu’il passe le relais à une autre personne. Il faut savoir reconnaître quand on est démuni, et ne pas chercher à se débrouiller seul coûte que coûte. On ne peut pas apporter une aide efficace, si on n’est pas dans bien soi-même. Si l’aidant peine à passer le relais, il faut travailler sur ce point : est-ce qu’il culpabilise ? Est-ce qu’il se sent le devoir de faire ? Pourquoi refuse-t-il d’être aidé ? Les groupes de parole peuvent être très utiles pour prendre du recul ", conseille la psychologue.