Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

26 mai 2014
Bons gestes

Bien réagir face à l'agressivité d'un malade d'Alzheimer

Bien réagir face à l'agressivité d'un malade d'Alzheimer

Les comportements agressifs sont fréquents chez les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Ils constituent la principale source de stress chez les aidants.


Agitation, agressivité verbale (cris, injures) ou physique (coups, morsures)… Les troubles du comportement chez la personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer augmentent avec l’évolution de la maladie. Ils surviennent généralement en réaction à un événement particulier : changement d'environnement qui apparaît étranger et inquiétant pour le malade, refus de la toilette, mauvaise interprétation d'un geste ou d'une parole de la famille.


Identifier les facteurs déclencheurs


"Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont très sensibles à leur environnement. L’aidant apprend à identifier les facteurs déclencheurs et les causes de l’agressivité ou de l’agitation du malade, les moments de la journée où cela se produit, de manière à éviter ces situations", explique Margaux Vatus, psychologue à Toulouse et membre de l’association française des psychologues à domicile.

Comment gérer l’agitation et les comportements agressifs de votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer ? "Il faut mettre en pratique les conseils classiques : limiter le nombre de personnes auprès de la personne âgée, lui parler d’une voix calme en étant en face d’elle, savoir l’écouter, la rassurer, la sécuriser sans l’infantiliser. Utiliser le contact, le toucher, faire diversion en cas d’agitation en lui proposant une activité", détaille Margaux Vatus. Il existe plusieurs thérapies non-médicamenteuses qui permettent de calmer l’agitation et l’agressivité d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer : la musicothérapie, l’aromathérapie, la thérapie par le dessin, les massages permettent de calmer la personne âgée.

 

Savoir passer le relais

 

Dans certains cas, le comportement de l’aidant peut être déclencheur de l’agressivité du malade d’Alzheimer. Par exemple, si la personne âgée refuse de manger ou de se déplacer, l’aidant va insister et cela engendre une réaction agressive du malade.
"Si l’aidant ne parvient plus à faire face à l’agitation de son proche, il est recommandé qu’il passe le relais à une autre personne. Il faut savoir reconnaître quand on est démuni, et ne pas chercher à se débrouiller seul coûte que coûte. On ne peut pas apporter une aide efficace, si on n’est pas dans bien soi-même. Si l’aidant peine à passer le relais, il faut travailler sur ce point : est-ce qu’il culpabilise ? Est-ce qu’il se sent le devoir de faire ? Pourquoi refuse-t-il d’être aidé ? Les groupes de parole peuvent être très utiles pour prendre du recul ", conseille la psychologue.