On juge une société à la manière dont elle traite ses anciens. Si l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie concerne aujourd’hui près de 5 millions de Français en tant que proches aidants, le rôle et la place que l’on souhaite donner aux plus âgés dans notre société implique chacun d’entre nous.

Le ministère des Solidarités et de la Santé a lancé une grande consultation citoyenne sur la prise en charge de la perte d’autonomie. Pendant deux mois, du 1er octobre au 9 décembre 2018, les Français(es), y compris les plus jeunes, vont pouvoir répondre librement à la question : « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? »

Des groupes d’expression et des entretiens individuels seront organisés pour recueillir la parole des personnes âgées, des familles et des professionnels. Cette consultation de la société civile nourrira la réflexion du gouvernement au moment de préparer le projet de loi « Grand âge et autonomie » en 2019.

Et vous, quelles sont vos propositions et idées pour une société inclusive pour les personnes âgées ?

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

12 septembre 2018
Bons gestes

Faire face au refus d’aide d’une personne âgée

Faire face au refus d’aide d’une personne âgée

L’intervention d’une aide à domicile peut être perçue par votre proche âgé comme une intrusion dans son quotidien. Comment le convaincre d'accepter de se faire aider ?

 

Il n’est pas facile de dépendre d’un tiers dans les actes de la vie quotidienne. Pour certaines personnes âgées, accepter de se faire aider, c’est accepter sa perte d’autonomie et les difficultés rencontrées au quotidien,  se sentir tributaire d’un tiers, être comme « dépossédées » de leur vie, par fierté ou honte… Beaucoup de refus traduisent la revendication d’un droit de choisir, donc une volonté d’exister, de s’affirmer.

Face à ce type de refus, sécurisez la personne dans son identité, par la reconnaissance de ce qu’elle est en tant qu’individu et non en tant que « malade », ou « personne dépendante » peut alors faciliter son acceptation.


Ne pas imposer. Il faut éviter d’imposer une aide à la personne âgée. La qualité de l’accompagnement à domicile requiert le consentement et le libre choix de la personne dépendante ou handicapée. Un choix qui n’est pas facile pour les aidants préoccupés avant tout chose par la sécurité de leur proche. 


Présenter les avantages d’être aidé. Pour de nombreuses personnes âgées dépendantes, la principale crainte est de devoir quitter leur domicile pour entrer en maison de retraite. Expliquer à votre proche en quoi l’intervention d’une aide à domicile va contribuer à maintenir son autonomie et rester chez lui le plus longtemps possible.

 

Proposer un essai. Ne demandez pas à votre parent de prendre immédiatement une décision définitive sur le type de soins qu’il reçoit. Un galop d’essai donnera à votre proche la chance de tester et de savoir ce qui lui convient le mieux.  Il est important qu’il y ait un bon feeling entre votre parent et l’aide à domicile. Un bon essai peut ainsi changer le refus de soins. Gardez à l’esprit que ces stratégies contre le refus de soins pourraient ne pas être appropriées lorsqu’il s’agit d’un proche qui souffre de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés.

Si votre proche maintient son refus d’aide au repas, à la toilette, faites intervenir son médecin qu’il sera plus disposé à écouter sur l’importance de recevoir des soins.


Ce que la loi prévoit

Le refus d'aide des personnes âgées à domicile n'est pas encadré par la loi comme peut l'être le refus de soins. Par principe, la loi prévoit qu’« aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne ». Seules les situations d’urgence, d’impossibilité ou quand la personne n’est plus en mesure de s’exprimer, permettent de passer outre le consentement. Dans ce cas tout de même, « la personne de confiance (…) ou la famille, ou à défaut, un de ses proches » sera obligatoirement consulté.


Lorsqu’une personne est placée sous tutelle, il est prévu dans les textes que le tuteur prendra la décision, bien que « le consentement (…) du majeur sous tutelle doit être systématiquement recherché s'il est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision ». En revanche, les personnes placées sous curatelle sont aptes à consentir comme toute autre personne.