Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

09 février 2015
Bons gestes

Gare aux escarres chez la personne âgée

Gare aux escarres chez la personne âgée

Les lésions cutanées appelées escarres se développent rapidement et sont souvent difficiles à traiter chez la personne âgée. Voici les bons gestes pour dépister et réduire les risques.

 

Le risque d’escarre est lié à la perte de mobilité, qui peut être totale ou partielle, définitive ou temporaire. Pour une personne âgée, rester assise et pire encore, allongée trop longtemps, entraîne en effet la compression de certaines zones du corps par son propre poids avec, à la clé, un risque de nécrose. Et pour peu que les os soient saillants, comme par exemple au niveau des coudes, des hanches, du sacrum ou des talons, des plaies peuvent rapidement apparaître.

 

Des rougeurs à surveiller

 

Les escarres, puisque c’est ainsi que se nomment ces « ulcères de décubitus » sont des lésions de la peau causées par un défaut d’irrigation sanguine de la partie du corps compressée. Il suffit parfois de quelques minutes pour que la peau change de couleur. C’est le premier stade de l’escarre qui se traduit par des rougeurs avec un œdème et est ressenti par la personne sous la forme de démangeaisons ou d’échauffement. Par la suite, la peau devient bleue violacée et des cloques ouvertes ou fermées font leur apparition. Après avoir demandé conseil à une infirmière, un médecin ou un pharmacien, il est temps d’intervenir en massant délicatement la personne dépendante avec un mélange d'alcool chirurgical et de glycérine.
Si la personne âgée est alitée pour une longue période, n’hésitez pas à la retourner toutes les deux heures en variant les positions, en évitant tous plis des draps et en appliquant à chaque changement de position des acides gras hyper-oxygénés sur les zones d'appui. A défaut, un ulcère et/ou une nécrose feront leur apparition. La peau se noircira alors, deviendra très sèche et un cratère se creusera. A ce stade, la peau sera trop abimée pour espérer pouvoir revenir en arrière sans séquelles. Il n’en faut pas moins rapidement prendre en charge la personne au risque de voir l’ulcère s’étendre et de nouvelles lésions faire leur apparition.

 

Les gestes pour éviter les lésions cutanées

 

Si le traitement d’une escarre doit bien évidemment intervenir dans les plus brefs délais, la prévention n’en demeure pas moins la solution idéale pour éviter que n’apparaissent ces lésions cutanées.
-  Il est donc essentiel de vérifier quotidiennement l’état de la peau, en particulier au moment de la toilette qui reste le moment privilégié pour inspecter chaque partie du corps.
- Il est essentiel maintenir le corps de la personne âgée au sec et donc d’éviter toute macération. En cas d’incontinence, changez au plus vite les protections afin de ne pas la laisser au contact de l’urine. A défaut, cette miction pourrait engendrer des plaies et même une infection.
- Proscrivez les alaises en plastique qui sont toujours source de sudation.
- Une alimentation adaptée et en quantité suffisante contribue également à prévenir les escarres. Sans oublier, bien évidemment de faire boire régulièrement la personne âgée.
- N’hésitez pas, enfin, à recourir à des matelas statiques qui, formés d’une mousse prenant la forme du corps, ne se modifient pas dans le temps. Composés de petits plots qui accompagnent les mouvements du corps, ils contribuent également à diminuer la pression en accroissant la surface de contact. Des matelas dynamiques peuvent également se révéler très utiles. Formés de plusieurs boudins gonflés, ils peuvent s’adapter et proposer différents points de pression.
- Habillez la personne âgée avec des vêtements aussi amples que possible et donc peu propices aux frottements. Et pour protéger les parties du corps en contact avec les os saillants, fixez de la mousse avec de l’adhésif faiblement collant afin de ne pas abîmer la peau.