L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

07 mars 2017
Bons gestes

Gérer la déambulation du malade d’Alzheimer

Gérer la déambulation du malade d’Alzheimer

La déambulation, appelée également errance, est l’un des comportements du malade d’Alzheimer le plus difficile à comprendre pour les aidants.

 

La déambulation, appelée également errance, est un problème qui touche 60% des personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer. La personne peut déambuler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit et pendant plusieurs heures. C’est l’un des comportements du malade le plus difficile à comprendre pour les aidants. En effet, la déambulation du malade d’Alzheimer a pour origine un grand nombre de causes comme le stress, l'ennui, l'inconfort, la désorientation, la faim, une douleur, la perte de la notion du temps, la fatigue, l’anxiété, l’incapacité à reconnaître les endroits familiers ou encore les effets secondaires des médicaments…


L’errance liée à la maladie d’Alzheimer peut prendre diverses formes :
- l’errance sans but consiste en une déambulation imprécise, sans véritable direction ou destination.
- l’errance avec but comporte généralement un objectif précis.
- l’errance nocturne est associée à des troubles du sommeil et à l’incapacité à distinguer le jour de la nuit.
- l’errance complexe est accompagnée éventuellement de gestes répétitifs.

 

Observer et analyser le comportement du malade

 

Il est difficile pour l’aidant de déterminer la raison de l'errance surtout lorsque la communication verbale avec le malade devient difficile. Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est particulièrement sensible à l’influence de l’environnement. Il est alors essentiel pour l’aidant de comprendre la relation qu’entretient la personne âgée avec son environnement. En observant et analysant les indices non verbaux, il est possible de comprendre le sens de ce comportement chez la personne âgée souffrant de la maladie d’Alzheimer et de dégager des constantes.


L’aidant doit donc identifier les circonstances et l'heure où la personne est sujette aux errances, le moment précis de la journée où commence l'errance, le nombre de fois durant lequel elle se manifeste et sa durée, le parcours effectué par le malade (point de départ, chemin emprunté, arrêts, destination)… Ces observations permettent éventuellement de définir les facteurs déclenchants et ainsi prévenir la répétition des déambulations, en distrayant, en rassurant ou en aidant la personne malade.


La déambulation peut avoir un effet calmant sur certains malades et certains effets bénéfiques : préservation des capacités motrices, plaisir de pouvoir se déplacer librement, maintien de la communication avec la famille qui l’accompagne dans sa déambulation.

 

Il ne faut jamais empêcher une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer de déambuler (ne jamais recourir à la contention, lui barrer le chemin, ou l’obliger à s’asseoir).
Contrarier le besoin de déambulation risque de provoquer des réactions souvent plus graves chez le malade (hurlements, agitation…).


Certaines précautions peuvent être prises afin d'éviter à la personne de déambuler dans une zone non sécurisée (chutes, sorties inopinées du domicile).