Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

07 mars 2017
Bons gestes

Gérer la déambulation du malade d’Alzheimer

Gérer la déambulation du malade d’Alzheimer

La déambulation, appelée également errance, est l’un des comportements du malade d’Alzheimer le plus difficile à comprendre pour les aidants.

 

La déambulation, appelée également errance, est un problème qui touche 60% des personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer. La personne peut déambuler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit et pendant plusieurs heures. C’est l’un des comportements du malade le plus difficile à comprendre pour les aidants. En effet, la déambulation du malade d’Alzheimer a pour origine un grand nombre de causes comme le stress, l'ennui, l'inconfort, la désorientation, la faim, une douleur, la perte de la notion du temps, la fatigue, l’anxiété, l’incapacité à reconnaître les endroits familiers ou encore les effets secondaires des médicaments…


L’errance liée à la maladie d’Alzheimer peut prendre diverses formes :
- l’errance sans but consiste en une déambulation imprécise, sans véritable direction ou destination.
- l’errance avec but comporte généralement un objectif précis.
- l’errance nocturne est associée à des troubles du sommeil et à l’incapacité à distinguer le jour de la nuit.
- l’errance complexe est accompagnée éventuellement de gestes répétitifs.

 

Observer et analyser le comportement du malade

 

Il est difficile pour l’aidant de déterminer la raison de l'errance surtout lorsque la communication verbale avec le malade devient difficile. Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est particulièrement sensible à l’influence de l’environnement. Il est alors essentiel pour l’aidant de comprendre la relation qu’entretient la personne âgée avec son environnement. En observant et analysant les indices non verbaux, il est possible de comprendre le sens de ce comportement chez la personne âgée souffrant de la maladie d’Alzheimer et de dégager des constantes.


L’aidant doit donc identifier les circonstances et l'heure où la personne est sujette aux errances, le moment précis de la journée où commence l'errance, le nombre de fois durant lequel elle se manifeste et sa durée, le parcours effectué par le malade (point de départ, chemin emprunté, arrêts, destination)… Ces observations permettent éventuellement de définir les facteurs déclenchants et ainsi prévenir la répétition des déambulations, en distrayant, en rassurant ou en aidant la personne malade.


La déambulation peut avoir un effet calmant sur certains malades et certains effets bénéfiques : préservation des capacités motrices, plaisir de pouvoir se déplacer librement, maintien de la communication avec la famille qui l’accompagne dans sa déambulation.

 

Il ne faut jamais empêcher une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer de déambuler (ne jamais recourir à la contention, lui barrer le chemin, ou l’obliger à s’asseoir).
Contrarier le besoin de déambulation risque de provoquer des réactions souvent plus graves chez le malade (hurlements, agitation…).


Certaines précautions peuvent être prises afin d'éviter à la personne de déambuler dans une zone non sécurisée (chutes, sorties inopinées du domicile).