Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

11 décembre 2014
Bons gestes

L'aide à la toilette : respecter la pudeur de son proche

L'aide à la toilette : respecter la pudeur de son proche

L’aide à la toilette d’une personne âgée dépendante n’est pas un simple acte d’hygiène. C’est un acte qui fait entrer la relation aidant-aidé dans la sphère de l’intime. Une attitude et des gestes respectant la pudeur de votre proche sont indispensables.

Les intervenants de l’aide à domicile sont une aide précieuse quand la personne âgée dépendante n’est plus capable d’effectuer seule sa toilette. Ces professionnels ont une bonne connaissance de la manière d’accompagner une personne en perte d'autonomie dans cet acte intime qu’est la toilette.


Mais dans certains cas, un membre de la famille (conjoint, enfant) doit lui aussi effectuer cette aide auprès de son proche.  Toucher et voir le corps de son proche dépendant nécessite une attitude qui respecte son intimité et sa nudité. Pour la personne âgée, c’est un cap de la perte d’autonomie qui peut être mal vécue. "Lorsque la toilette devient difficile à réaliser, il est souvent compliqué de mettre en place une aide à la personne malade car on entre dans son intimité. Celle-ci doit donc être proposée progressivement. L’intervention d’un membre de la famille pour ce type de soin ne doit pas être banalisée. Quel que soit votre lien avec la personne malade, vous n’aurez certainement jamais eu accès au corps de votre proche de cette manière. Cela va retentir sur votre relation ", rappelle France Alzheimer.

 

L’aide à la toilette doit se faire dans le calme, la sérénité et au rythme de la personne aidée. Il faut également respecter les habitudes de la personne âgée : préfère-t-elle un bain le soir ou une douche le matin ? Perturber les habitudes de la personne risque d’occasionner de sa part un refus de l’aide à la toilette.  


Le choix des vêtements du jour peut être la première étape pour préparer la personne dépendante au temps de la toilette. Il est important que votre proche puisse participer au choix, aussi longtemps que possible, des vêtements qu’il souhaite porter. Présentez-lui deux tenues adaptées à la saison et laissez le choisir.


Assurez-vous d’avoir préparer tout le matériel nécessaire à la toilette (produits d’hygiène, brosse, gants et serviettes, vêtements propres…) avant d’accompagner la personne âgée dans la salle de bains.

 

Veillez à ce que la température de la pièce soit agréable, qu’aucun objet n’encombre le passage et que le sol n’est pas humide ou glissant.


Prévoyez un tabouret de douche au cas où la personne aurait besoin de s'asseoir.


Testez et ajustez la température de l'eau avant d'y faire entrer la personne dans la douche. Réglez le jet à une pression modérée. Les mitigeurs ou robinet thermostatiques sont recommandés pour une eau toujours à bonne température : sans être obligé d'effectuer des réglages permanents.

 

L'importance de la communication verbale et non-verbale


Si votre proche présente des troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer) ne jamais commencer la toilette par le visage mais par les membres supérieurs (main, bras) pour éviter de le déstabiliser et qu’il se sent agressé.  

 

Expliquez à votre proche tous vos gestes afin de le rassurer et le mettre en confiance et maintenir la communication tout au long de la toilette "Je vais te laver le bras droit"," je vais te frotter le dos " et maintenez avec l'autre main un contact avec sa peau. La douceur des gestes, du ton de la voix vous permettront de mettre à l'aise votre proche.


Faites participer votre proche dépendant à sa toilette pour maintenir au maximum son autonomie et éviter la gène pendant ce moment intime.


La communication verbale et l'explication sont très importantes, parler de la chaleur de l'eau, de la couleur de la serviette, de sa texture de l'odeur du savon, des lotions.

Si la personne s'agite, surtout rester calme, masser le dos ou chanter doucement .Vérifier pendant tout ce temps l'état de la peau, pour s'assurer qu'elle ne présente pas de lésions, ni d'escarres.

 

Il est important de veiller au respect de la nudité de la personne âgée : couvrir ses parties intimes, fermer les fenêtres.

 

Si la personne âgée refuse la toilette,  ne pas insister. Une toilette au lavabo pourra être effectuée quand la personne sera plus calme.

 

A la fin du soin, si votre proche le tolère lui proposer de se regarder dans le miroir, pour qu'il ou elle continue à garder une image de lui, surtout après être coiffé ou maquillée.