Ouvrir la porte du réfrigérateur d’une personne âgée fragile pour vérifier s’il n’est pas vide, vérifier son poids régulièrement... La vigilance est de mise pour prévenir ou stopper la dénutrition des personnes âgées fragiles vivant à domicile. De 4 à 10 % des personnes âgées de plus de 70 ans qui vivent toujours chez elles et 20 à 40 % des personnes hospitalisées souffrent de dénutrition.

Comme le rappelle le Collectif de lutte contre la dénutrition qui a lancé, le 26 novembre, une grande campagne de prévention nationale : « la faim tue, l’absence de faim aussi ». La dénutrition est une maladie invisible qui touche près de 2 millions de personnes en France. Et contrairement aux idées reçues, elle ne concerne pas uniquement les personnes en précarité sociale.
Par ailleurs, même si l’appétit peut diminuer avec l’avancée en âge, les besoins nutritionnels des sujets âgés ne diffèrent pas de ceux de la population adulte. Raison de plus pour être attentif aux variations de poids, à la nutrition des plus âgés.

Les intervenants à domicile sont une aide précieuse pour lutter contre ce fléau silencieux en assurant la préparation et l’aide aux repas des personnes âgées en perte d’autonomie et des seniors isolés. Les professionnels de l’aide à domicile sont également des « sentinelles » pour alerter les professionnels de santé (médecin, infirmier libéral, kinésithérapeute...) et les proches aidants d’une perte d’appétit et de poids chez la personne âgée accompagnée.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

13 janvier 2016
Bons gestes

Stimuler l’appétit d’une personne âgée dépendante

Stimuler l’appétit d’une personne âgée dépendante

Perte du goût et de l’odeur des aliments, difficultés de mastication, baisse de moral… Il existe des causes multiples à la perte d’appétit chez la personne âgée. Toutefois,  il est  possible de réconcilier votre proche avec son assiette.

 


« Manger est un moment de plaisir, quel que soit l’âge. Pour qu’il le reste, il faut veiller à la fois au contenu de l’assiette mais aussi aux dimensions sociales et affectives des repas.
La dimension «plaisir» d’un repas peut aller du plaisir à le préparer pour soi-même ou pour les autres, à la décoration de la table, et à la façon dont les plats sont présentés, jusqu’au plaisir de le partager avec d’autres », explique souligne Claire Sulmont-Rossé, docteur en sciences de l'alimentation à l'Inra de Dijon.

Pour éviter la monotonie et stimuler l'appétit, il faut jouer sur la variété des plats et des menus. La nourriture doit être appétissante. La perception du goût a tendance à se dégrader avec l'âge, l'idée est de tenter de le stimuler mais aussi de jouer sur d'autres paramètres comme le parfum ou la texture des produits  il faut la relever en saveurs et odeurs, par exemple avec de l’ail et du persil, des herbes, des épices, des aromates très prisés à cet âge.

Chaque personne âgée a ses propres habitudes alimentaires qu'il faut respecter : aliments préférés, mais aussi recettes favorites et petites manies… La nourriture permet de retrouver des souvenirs et des émotions qui participent grandement au plaisir de manger.


La personne âgée devrait consacrer au moins 30 minutes au petit-déjeuner, 1 heure au repas de midi et ¾ d’d’heure au diner.

 

Il est également essentiel de s’adapter au rythme de la personne : si la personne âgée n’a que peu d’appétit, rien ne sert de la forcer. Autant lui proposer des aliments en petite quantité, et de manière fractionnée au cours de la journée. En dehors des trois repas principaux, la proposition régulière de collations sucrées ou salées lui offre en effet l’occasion d’exprimer ses envies et de rythmer sa journée.

Le recours à une aide à domicile pour faire les courses ou préparer les repas est une autre manière de préserver une alimentation équilibrée. D’après l’enquête AUPALESENS, 46% des personnes âgées vivant à domicile bénéficiant d'une aide pour leur alimentation sont dénutries ou à risque de dénutrition, contre seulement 4 à 16% des personnes ne bénéficiant pas d'une aide pour leur alimentation. Sans présumer du lien de cause à effet entre dépendance et dénutrition, ces résultats montrent que la délégation de tout ou partie des activités culinaires est associée à un risque élevé de dénutrition », souligne Claire Sulmont-Rossé, docteur en sciences de l'alimentation à l'Inra de Dijon.  « Il faut trouver des moyens à la personne âgée de se réapproprier le moment du repas. Cela peut-être de la faire participer à éplucher les légumes, à la préparation du repas, à mettre le couvert ».

 

Le saviez-vous ?

Coordonné par l’Institut national de recherche agronomique (INRA), le projet européen OPTIFEL «Optimised Food Products for Elderly Populations» (2013-2017) a pour ambition de concevoir des produits innovants à base de fruits et légumes pour l’alimentation des personnes âgées en perte d’autonomie. Les premiers résultats d’une enquête conduite auprès de 420 personnes âgées, vivant à domicile avec ou sans aide pour leurs repas et en maison de retraite montrent tout d’abord que les personnes âgées apprécient les fruits et légumes, d’une façon générale et quel que soit leur mode de préparation. Sur une liste de 78 fruits et légumes, les plus appréciés sont la pêche, la prune, la pomme et la poire pour les fruits, et pour les légumes, les petits pois, la laitue, le chou (vert) et les tomates crues. Les modes de préparation ont aussi été évalués, ainsi, les légumes bouillis sont nettement mieux appréciés en Espagne, tandis que les Français apprécient plus les gratins.