Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

06 mai 2014
Prise en charge

Auxiliaire de vie : les actes interdits

Auxiliaire de vie : les actes interdits

L’auxiliaire de vie sociale est un métier de la filière sociale et non de la filière soignante. La profession est réglementée et les missions strictement encadrées.

 

Il ne faut pas confondre l’auxiliaire de vie sociale avec une aide ménagère. La grande particularité des auxiliaires de vie c’est que ces professionnelles « aident les personnes dépendantes à faire » et « ne font pas à leur place ». L'auxiliaire de vie doit prioritairement "aider à faire", c’est-à-dire stimuler, accompagner, apprendre à faire à la personne âgée. Elle ne réalisera les tâches à la place de la personne aidée que si celle-ci est dans l'incapacité complète de les effectuer.

L’intervention de l’auxiliaire de vie est exclusivement consacrée à la personne âgée dépendante. Elle ne doit ni nettoyer des pièces ou ni s’occuper du linge d’autres occupants (famille ou locataire).

L’auxiliaire de vie ne peut pas intervenir au domicile du bénéficiaire en son absence sauf dans le cas d’une préparation d’un retour d’hospitalisation pour une personne âgée seule.  Ou sur la demande de la personne âgée et avec l’accord du responsable de service de la structure d’aide à domicile.

Lors des déplacements, l’auxiliaire de vie ne peut pas utiliser le véhicule de la personne âgée ou se faire conduire par elle (sauf cas dûment stipulés au contrat et pour lesquels les assurances correspondantes ont bien été prises).

L’auxiliaire de vie ne peut pas faire usage du téléphone de l'usager pour tout autre motif que les appels de service avec son employeur, des cas d’urgence.

L’auxiliaire de vie ne peut pas utiliser les moyens de paiement (chéquiers, carte bancaire ...) de la personne aidée, ni signer à sa place aucun document quel qu'il soit.  Lorsque cette professionnelle effectue des courses pour la personne âgée, elle doit noter sur un cahier le décompte de l'argent confié et rendu, et les tickets de caisse doivent être joints.

Aucun acte médical ou paramédical

L’auxiliaire de vie sociale est un métier de la filière sociale et non de la filière soignante. Aucun acte médical ou paramédical ne peut être exécuté par l’auxiliaire de vie. Tous ces actes et gestes sont réglementés et relèvent de la compétence des professionnels de santé (médecin, infirmier, aide-soignant).

Concernant la prise de traitement médicamenteux, le rôle de l’AVS consiste en une "aide à la prise de médicaments", ce qui signifie présenter les médicaments préparés à l’avance à la personne âgée, accompagné d’un verre d’eau, d’une cuillère adaptée si besoin. Le médecin traitant de la personne âgée doit fournir un certificat médical stipulant expressément que l’AVS peut aider le bénéficiaire à prendre ces médicaments. Dans tous les cas, l’auxiliaire de vie ne peut apporter qu’une aide à la prise des médicaments et ne peut ni administrer directement les médicaments (y compris les collyres), ni assurer la préparation des produits prescrits par le médecin.  

Il convient de distinguer l’aide à la prise de médicaments de la distribution de médicaments, impliquant la préparation des piluliers, relevant de la compétence exclusive de l’infirmier, du médecin ou du pharmacien ou de la famille.

L’auxiliaire de vie sociale ne peut pas procéder à des actes de manucure ou de pédicure. Chez les personnes âgées ou handicapées, ce geste comporte un risque notamment lors de pathologies telles que le diabète ou de traitement par anticoagulant. L’intervention d’un pédicure est alors nécessaire.