Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

07 avril 2016
Prise en charge

Ce que les personnes âgées attendent de leurs soignants

Ce que les personnes âgées attendent de leurs soignants

Du respect, de l’écoute, de l’information. Voici ce que les personnes âgées attendent des professionnels de soins qui les accompagnent.

 

Une des plus fortes attentes des personnes interrogées s’exprime dans le fait d’être traitées avec respect, particulièrement dans les échanges avec le personnel soignant et dans les soins apportés. « Qu’on vous prenne pour des vieilles débiles, moi ça m’énerve, c’est quelque chose de vraiment très choquant, c’est un manque de respect ». Thérèse, 88 ans, à domicile.

 

Les petites marques d’attention et la gentillesse sont particulièrement appréciées. Un sourire, le fait de dire « Bonjour » ou de s’adresser directement à la personne, des gestes de considération sont perçus comme des qualités importantes.

La bienveillance et la compassion des professionnels sont également perçues comme une garantie de la qualité des soins. Les personnes âgées se déclarent très sensibles au niveau d’engagement du personnel soignant, sa disponibilité, l’empathie, l’humanité et les qualités personnelles du médecin. Ceci est particulièrement important lors d’un épisode d’hospitalisation où le besoin d'être entouré et rassuré est grand.

 

La plupart des personnes interrogées insistent sur l’importance d’avoir des explications, les plus précises et intelligibles possibles concernant leurs soins : comment le protocole de soin est construit, quelles sont les différentes étapes du traitement et quels sont les résultats des tests demandés, etc
Les seniors souffrant de polypathologies chroniques considèrent que l ’information régulière sur leur état de santé et leur traitement est essentielle à des soins de haute qualité. Donner aux patients la possibilité de s’exprimer sur les soins et traitements qui leurs sont apportés. « Ceux qui sont informés et consultés sur les soins qui vont leur être prodigués ont de meilleurs résultats en termes de guérison », souligne l’étude.


Pour les personnes polypathologiques, la question de l’articulation des différents intervenants des soins semble être très importante. Lors de la fin d’un épisode d’hospitalisation, certains patients font état d’un sentiment d’abandon, ils aimeraient, à ce moment-là, qu’on les accompagne dans la transition que constitue le retour au domicile. Le problème le plus souvent soulevé est celui de l’aide à la personne pour la gestion des tâches du quotidien.

« A l’hôpital, on s’occupe uniquement de ce qui est médical et quand on sort après c’est Débrouillez-vous ! ».Yvonne, 72 ans, à domicile

 

Le manque de coordination entre différents intervenants pèse sur les aidants

 

Les aidants expriment aussi le besoin de gérer le planning du passage des infirmiers, kinésithérapeutes, médecin traitant et aides à la personne puisque la personne elle-même est souvent dans l’incapacité de coordonner les interventions de chacun. Ce rôle revient souvent aux proches, ils font parfois appel à des associations pour déléguer cette tâche et alléger leur implication. Lorsque les aidants ne font pas appel à des structures spécialisées et qu’ils assument eux-mêmes cette fonction, l’investissement que cela représente peut constituer une source de stress importante pour eux.

Dimensions de la satisfaction des personnes âgées concernant leur prise en charge sanitaire et médico-sociale
En termes d’organisation
• La facilité à s'orienter dans le système de santé
• Les délais d’attente pour l’obtention d’un rendez-vous
• Le temps passé dans la salle d’attente
• Les temps d’attente pour les soins ou dans les services
• La planification de la sortie en cas d’hospitalisation
• La transmission de l’information entre professionnels de santé

Concernant l’expérience des soins
• La qualité de la relation entretenue avec le personnel soignant
• La possibilité de s’exprimer et d'être écouté
• La qualité de l'information reçue
• La participation aux décisions médicales
• La gestion de la douleur