Ouvrir la porte du réfrigérateur d’une personne âgée fragile pour vérifier s’il n’est pas vide, vérifier son poids régulièrement... La vigilance est de mise pour prévenir ou stopper la dénutrition des personnes âgées fragiles vivant à domicile. De 4 à 10 % des personnes âgées de plus de 70 ans qui vivent toujours chez elles et 20 à 40 % des personnes hospitalisées souffrent de dénutrition.

Comme le rappelle le Collectif de lutte contre la dénutrition qui a lancé, le 26 novembre, une grande campagne de prévention nationale : « la faim tue, l’absence de faim aussi ». La dénutrition est une maladie invisible qui touche près de 2 millions de personnes en France. Et contrairement aux idées reçues, elle ne concerne pas uniquement les personnes en précarité sociale.
Par ailleurs, même si l’appétit peut diminuer avec l’avancée en âge, les besoins nutritionnels des sujets âgés ne diffèrent pas de ceux de la population adulte. Raison de plus pour être attentif aux variations de poids, à la nutrition des plus âgés.

Les intervenants à domicile sont une aide précieuse pour lutter contre ce fléau silencieux en assurant la préparation et l’aide aux repas des personnes âgées en perte d’autonomie et des seniors isolés. Les professionnels de l’aide à domicile sont également des « sentinelles » pour alerter les professionnels de santé (médecin, infirmier libéral, kinésithérapeute...) et les proches aidants d’une perte d’appétit et de poids chez la personne âgée accompagnée.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

14 novembre 2014
Prise en charge

Déléguer sans culpabiliser

Déléguer sans culpabiliser

Apprendre à accompagner un proche dépendant au quotidien, c’est également apprendre à déléguer certaines tâches à des tierces personnes sans culpabiliser.


Qu’il soit conjoint, concubin, ou l’un des enfants, l’aidant principal d’une personne en perte d’autonomie est souvent l’un des membres de la famille. Il peut assumer seul au quotidien les soins et le soutien que requiert son proche dépendant parce qu’il s’y sent « forcé », c’est « son devoir ». Beaucoup d’aidants s’imprègnent d’une mission qu’il pensent être les seuls à pouvoir effectuer, et se refuse à une aide extérieure par culpabilité avec le  sentiment de se « débarrasser » de leur proche.
La relation aidant-aidé peut être dans certains cas fusionnelle. Conséquence : l’aidant peut refuser l’intervention de tiers, en particulier d’un aidant professionnel -  aide à domicile ou une auxiliaire de vie - pour l’accompagnement de la personne âgée dépendance, considérant cela comme une intrusion dans son intimité et/ou dans celle de son proche.

Sortir de la relation d'interdépendance

Or, passer 24h/24 avec une personne en perte d’autonomie constitue un véritable huis clos qui peut favoriser, soit la dépression de l’aidant, soit des accès de violence conduisant à de la maltraitance, voire une interdépendance dans le binôme aidant-aidé.

Apprendre à déléguer l’accompagnement à un aidant professionnel ne peut qu’avoir des effets bénéfiques pour tous : éviter l’épuisement de l’aidant familial, le soulager tant physiquement que psychologiquement, avoir un accompagnement professionnel permettant de stimuler « l’aidé » différemment.
Plus  l’aidant se sentira à l’aise en apportant de l’aide à son proche, plus il y a de chances que les sentiments de satisfaction et de sérénité remplacent les sentiments de culpabilité.
La personne âgée dépendante peut avoir des réticences à accepter que son proche l’aide dans certains actes, par exemple l’aide à la  toilette, alors que ce sera plus acceptable s’il est fait par un professionnel.
Le professionnel de l’aide à domicile n’est pas là pour juger les habitudes de vie des personnes, il apporte son expertise et son savoir-faire tout en respectant les consignes laissées par la personne âgée et son aidant.
Apprendre à déléguer certaines tâches sans culpabiliser peut se mettre en oeuvre par étapes. Cela permet de ne pas bousculer les habitudes de la personne âgée et de se familiariser au passage de relais.


Commencez par prendre 1/2 heure, ou une heure de répit, plutôt qu’une journée complète. Utilisez ce temps pour vous relaxer, sortir du domicile mais ne vous sentez pas coupable de le prendre.

Le recours à l’accueil de jour, aux plateformes de répit permet également de réaliser que votre proche dépendant peut être pris en charge de manière appropriée sans votre intervention et sans qu’il ne soit perturbé.