Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

14 novembre 2014
Prise en charge

Déléguer sans culpabiliser

Déléguer sans culpabiliser

Apprendre à accompagner un proche dépendant au quotidien, c’est également apprendre à déléguer certaines tâches à des tierces personnes sans culpabiliser.


Qu’il soit conjoint, concubin, ou l’un des enfants, l’aidant principal d’une personne en perte d’autonomie est souvent l’un des membres de la famille. Il peut assumer seul au quotidien les soins et le soutien que requiert son proche dépendant parce qu’il s’y sent « forcé », c’est « son devoir ». Beaucoup d’aidants s’imprègnent d’une mission qu’il pensent être les seuls à pouvoir effectuer, et se refuse à une aide extérieure par culpabilité avec le  sentiment de se « débarrasser » de leur proche.
La relation aidant-aidé peut être dans certains cas fusionnelle. Conséquence : l’aidant peut refuser l’intervention de tiers, en particulier d’un aidant professionnel -  aide à domicile ou une auxiliaire de vie - pour l’accompagnement de la personne âgée dépendance, considérant cela comme une intrusion dans son intimité et/ou dans celle de son proche.

Sortir de la relation d'interdépendance

Or, passer 24h/24 avec une personne en perte d’autonomie constitue un véritable huis clos qui peut favoriser, soit la dépression de l’aidant, soit des accès de violence conduisant à de la maltraitance, voire une interdépendance dans le binôme aidant-aidé.

Apprendre à déléguer l’accompagnement à un aidant professionnel ne peut qu’avoir des effets bénéfiques pour tous : éviter l’épuisement de l’aidant familial, le soulager tant physiquement que psychologiquement, avoir un accompagnement professionnel permettant de stimuler « l’aidé » différemment.
Plus  l’aidant se sentira à l’aise en apportant de l’aide à son proche, plus il y a de chances que les sentiments de satisfaction et de sérénité remplacent les sentiments de culpabilité.
La personne âgée dépendante peut avoir des réticences à accepter que son proche l’aide dans certains actes, par exemple l’aide à la  toilette, alors que ce sera plus acceptable s’il est fait par un professionnel.
Le professionnel de l’aide à domicile n’est pas là pour juger les habitudes de vie des personnes, il apporte son expertise et son savoir-faire tout en respectant les consignes laissées par la personne âgée et son aidant.
Apprendre à déléguer certaines tâches sans culpabiliser peut se mettre en oeuvre par étapes. Cela permet de ne pas bousculer les habitudes de la personne âgée et de se familiariser au passage de relais.


Commencez par prendre 1/2 heure, ou une heure de répit, plutôt qu’une journée complète. Utilisez ce temps pour vous relaxer, sortir du domicile mais ne vous sentez pas coupable de le prendre.

Le recours à l’accueil de jour, aux plateformes de répit permet également de réaliser que votre proche dépendant peut être pris en charge de manière appropriée sans votre intervention et sans qu’il ne soit perturbé.