175 propositions pour réformer la politique du grand âge et l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie à domicile comme en établissement. Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale et pilote de la concertation « Grand âge et autonomie », a remis son rapport, le 28 mars, à la ministre des Solidarités et de la Santé.
Quatre ans après la loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV), ce rapport devrait servir de base à l’élaboration de la future loi « Grand âge et autonomie ». Un projet de loi attendu pour l’automne.
« Nous finaliserons pour cet automne une stratégie », a affirmé, lors d’une conférence de presse le 25 avril, le président de la République. Emmanuel Macron a par ailleurs affiché sa volonté d'une meilleure reconnaissance des aidants familiaux, pour les « millions de citoyens qui sont là comme oubliés, ce sont celles et ceux qui ont mis entre parenthèses ou sacrifié leur vie professionnelle pour s'occuper d'un enfant en situation de handicap, d'un proche, d'une personne de la famille devenue dépendante ».
Comment améliorer la prise en charge de nos aînés ? Comment résoudre la problématique du financement de la dépendance ? Comment répondre à la volonté de 85% de Français de vieillir à domicile ? Il va falloir désormais construire une loi à la hauteur de ces défis.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

14 novembre 2014
Prise en charge

Déléguer sans culpabiliser

Déléguer sans culpabiliser

Apprendre à accompagner un proche dépendant au quotidien, c’est également apprendre à déléguer certaines tâches à des tierces personnes sans culpabiliser.


Qu’il soit conjoint, concubin, ou l’un des enfants, l’aidant principal d’une personne en perte d’autonomie est souvent l’un des membres de la famille. Il peut assumer seul au quotidien les soins et le soutien que requiert son proche dépendant parce qu’il s’y sent « forcé », c’est « son devoir ». Beaucoup d’aidants s’imprègnent d’une mission qu’il pensent être les seuls à pouvoir effectuer, et se refuse à une aide extérieure par culpabilité avec le  sentiment de se « débarrasser » de leur proche.
La relation aidant-aidé peut être dans certains cas fusionnelle. Conséquence : l’aidant peut refuser l’intervention de tiers, en particulier d’un aidant professionnel -  aide à domicile ou une auxiliaire de vie - pour l’accompagnement de la personne âgée dépendance, considérant cela comme une intrusion dans son intimité et/ou dans celle de son proche.

Sortir de la relation d'interdépendance

Or, passer 24h/24 avec une personne en perte d’autonomie constitue un véritable huis clos qui peut favoriser, soit la dépression de l’aidant, soit des accès de violence conduisant à de la maltraitance, voire une interdépendance dans le binôme aidant-aidé.

Apprendre à déléguer l’accompagnement à un aidant professionnel ne peut qu’avoir des effets bénéfiques pour tous : éviter l’épuisement de l’aidant familial, le soulager tant physiquement que psychologiquement, avoir un accompagnement professionnel permettant de stimuler « l’aidé » différemment.
Plus  l’aidant se sentira à l’aise en apportant de l’aide à son proche, plus il y a de chances que les sentiments de satisfaction et de sérénité remplacent les sentiments de culpabilité.
La personne âgée dépendante peut avoir des réticences à accepter que son proche l’aide dans certains actes, par exemple l’aide à la  toilette, alors que ce sera plus acceptable s’il est fait par un professionnel.
Le professionnel de l’aide à domicile n’est pas là pour juger les habitudes de vie des personnes, il apporte son expertise et son savoir-faire tout en respectant les consignes laissées par la personne âgée et son aidant.
Apprendre à déléguer certaines tâches sans culpabiliser peut se mettre en oeuvre par étapes. Cela permet de ne pas bousculer les habitudes de la personne âgée et de se familiariser au passage de relais.


Commencez par prendre 1/2 heure, ou une heure de répit, plutôt qu’une journée complète. Utilisez ce temps pour vous relaxer, sortir du domicile mais ne vous sentez pas coupable de le prendre.

Le recours à l’accueil de jour, aux plateformes de répit permet également de réaliser que votre proche dépendant peut être pris en charge de manière appropriée sans votre intervention et sans qu’il ne soit perturbé.