L’éternelle question du financement de la dépendance va revenir en débat, dans les semaines à venir. En juin dernier, le président de la République a promis une loi votée avant fin 2019. « Nous devons avoir un débat national, indispensable pour répondre au nouveau risque de la dépendance. Sur ce sujet, l'année 2019 sera consacrée à une loi qui sera votée avant la fin de l’année. », avait déclaré Emmanuel Macron, lors de son discours devant le congrès de la Mutualité à Montpellier.

Deux tiers des Français considèrent que l'État et les pouvoirs publics doivent "prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes", et seul un tiers est favorable à une nouvelle cotisation sociale "obligatoire pour tous", selon un sondage rendu public, en mars, par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

L’enjeu est de taille. D’ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de plus de 85 ans, contre 1,5 million aujourd’hui. Face à ce choc démographique, les dépenses liées à la dépendance, estimées aujourd’hui à près de 30 milliards d’euros annuels (24 milliards d’euros en dépenses publiques, le reste reposant sur les ménages), pourraient exploser.

Un débat de société qui permettra de remettre au cœur des préoccupations le devenir des personnes âgées en perte d’autonomie.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

16 mars 2018
Prise en charge

Dépendance : ce que les Français attendent de l'Etat

Dépendance : ce que les Français attendent de l'Etat

Les Français attendent majoritairement de l'État plus de prise en charge de la dépendance et continuent de privilégier les solutions de prise en charge à domicile.

 

Selon une enquête réalisée à la demande de la DREES par l'Institut BVA (1), pour 66 % des Français, c'est à l'État et aux pouvoirs publics de prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes, contre 24% pour qui cela doit principalement relever des enfants ou des familles des personnes âgées dépendantes, et 9% qui considèrent que cela doit principalement relever «des personnes âgées dépendantes elles-mêmes, en épargnant ou souscrivant une assurance privée».


Pour 47% des Français, la création d'une cotisation spécifique à la dépendance doit rester facultative et pour 69%d'entre eux, l'aide financière doit être uniquement accordée aux personnes ayant de faibles revenus.
Dans l'hypothèse où serait créée une cotisation spécifique pour être couvert au cas où l'on devienne dépendant, une majorité de Français estiment que cette cotisation ne devrait exister que pour ceux qui le veulent (47%), quand 33% estiment qu'elle devrait être «obligatoire pour tous» et 19% «obligatoire, à partir d'un certain âge».

 

 

22% des Français interrogés se disent actuellement en situation d'apporter une aide régulière et bénévole à une personne âgée dépendante vivant chez eux, chez elle ou ailleurs (institution...).

Parmi eux, quatre aidants sur dix estiment passer entre 1 heure  et 3 heures avec leur proche dépendant chaque semaine, sans compter les moments de soutien moral (41%), 19% moins d'1 heure et 35% plus de 3 heures par semaine. 5% des Français aidants vivent avec le proche dépendant.

Quelles sont les solutions attendues par les aidants ?

De plus, trois quarts d'entre eux ont le sentiment de ne pas être suffisamment aidés et considérés en tant qu'aidants par les pouvoirs publics (75%, contre 20% qui sont d'un avis contraire). S'agissant des solutions attendues en priorité pour améliorer la situation des aidants, les Français citent avant tout l'ouverture de centres d'accueil de jour pour recevoir les personnes dépendantes dans la semaine(38%), devant l'idée de fournir une aide financière (25%), mais aussi de permettre un meilleur aménagement du temps de travail (17%) et de permettre aux aidants d'être formés (16%).

Pour les ménages bénéficiaires de prestations liées au handicap, à l'invalidité ou à la dépendance (AAH, APA, PCH...), la priorité doit être de fournir une aide financière (35%).

 

(1) Ce sondage a été réalisé en face-à-face par l'institut BVA d'octobre à décembre 2017, auprès d'un échantillon de 3.009 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas.