L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

16 mars 2018
Prise en charge

Dépendance : ce que les Français attendent de l'Etat

Dépendance : ce que les Français attendent de l'Etat

Les Français attendent majoritairement de l'État plus de prise en charge de la dépendance et continuent de privilégier les solutions de prise en charge à domicile.

 

Selon une enquête réalisée à la demande de la DREES par l'Institut BVA (1), pour 66 % des Français, c'est à l'État et aux pouvoirs publics de prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes, contre 24% pour qui cela doit principalement relever des enfants ou des familles des personnes âgées dépendantes, et 9% qui considèrent que cela doit principalement relever «des personnes âgées dépendantes elles-mêmes, en épargnant ou souscrivant une assurance privée».


Pour 47% des Français, la création d'une cotisation spécifique à la dépendance doit rester facultative et pour 69%d'entre eux, l'aide financière doit être uniquement accordée aux personnes ayant de faibles revenus.
Dans l'hypothèse où serait créée une cotisation spécifique pour être couvert au cas où l'on devienne dépendant, une majorité de Français estiment que cette cotisation ne devrait exister que pour ceux qui le veulent (47%), quand 33% estiment qu'elle devrait être «obligatoire pour tous» et 19% «obligatoire, à partir d'un certain âge».

 

 

22% des Français interrogés se disent actuellement en situation d'apporter une aide régulière et bénévole à une personne âgée dépendante vivant chez eux, chez elle ou ailleurs (institution...).

Parmi eux, quatre aidants sur dix estiment passer entre 1 heure  et 3 heures avec leur proche dépendant chaque semaine, sans compter les moments de soutien moral (41%), 19% moins d'1 heure et 35% plus de 3 heures par semaine. 5% des Français aidants vivent avec le proche dépendant.

Quelles sont les solutions attendues par les aidants ?

De plus, trois quarts d'entre eux ont le sentiment de ne pas être suffisamment aidés et considérés en tant qu'aidants par les pouvoirs publics (75%, contre 20% qui sont d'un avis contraire). S'agissant des solutions attendues en priorité pour améliorer la situation des aidants, les Français citent avant tout l'ouverture de centres d'accueil de jour pour recevoir les personnes dépendantes dans la semaine(38%), devant l'idée de fournir une aide financière (25%), mais aussi de permettre un meilleur aménagement du temps de travail (17%) et de permettre aux aidants d'être formés (16%).

Pour les ménages bénéficiaires de prestations liées au handicap, à l'invalidité ou à la dépendance (AAH, APA, PCH...), la priorité doit être de fournir une aide financière (35%).

 

(1) Ce sondage a été réalisé en face-à-face par l'institut BVA d'octobre à décembre 2017, auprès d'un échantillon de 3.009 personnes âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas.