Ouvrir la porte du réfrigérateur d’une personne âgée fragile pour vérifier s’il n’est pas vide, vérifier son poids régulièrement... La vigilance est de mise pour prévenir ou stopper la dénutrition des personnes âgées fragiles vivant à domicile. De 4 à 10 % des personnes âgées de plus de 70 ans qui vivent toujours chez elles et 20 à 40 % des personnes hospitalisées souffrent de dénutrition.

Comme le rappelle le Collectif de lutte contre la dénutrition qui a lancé, le 26 novembre, une grande campagne de prévention nationale : « la faim tue, l’absence de faim aussi ». La dénutrition est une maladie invisible qui touche près de 2 millions de personnes en France. Et contrairement aux idées reçues, elle ne concerne pas uniquement les personnes en précarité sociale.
Par ailleurs, même si l’appétit peut diminuer avec l’avancée en âge, les besoins nutritionnels des sujets âgés ne diffèrent pas de ceux de la population adulte. Raison de plus pour être attentif aux variations de poids, à la nutrition des plus âgés.

Les intervenants à domicile sont une aide précieuse pour lutter contre ce fléau silencieux en assurant la préparation et l’aide aux repas des personnes âgées en perte d’autonomie et des seniors isolés. Les professionnels de l’aide à domicile sont également des « sentinelles » pour alerter les professionnels de santé (médecin, infirmier libéral, kinésithérapeute...) et les proches aidants d’une perte d’appétit et de poids chez la personne âgée accompagnée.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

21 septembre 2015
Prise en charge

"On peut vivre heureux avec la maladie d'Alzheimer"

"On peut vivre heureux avec la maladie d'Alzheimer"

Depuis 2006, Colette Roumanoff accompagne au quotidien son époux atteint de la maladie d’Alzheimer. Elle appelle à un discours moins anxiogène sur cette maladie qu'elle rebaptise "confusionite".


On connaissait déjà la fille Anne et son talent d’humoriste. Mais la mère Colette Roumanoff, metteur en scène et auteur de pièces de théâtre, sait également faire preuve d’humour. Même lorsqu’elle évoque son quotidien d’aidant aux côtés de son mari Daniel, atteint de la maladie d’Alzheimer depuis 2006.

 

"La vie ne s’arrête pas avec le diagnostic de la maladie. J’aurais pu le croire quand j’ai lu une multitude d''informations sur la maladie d’Alzheimer. Le discours tenu aujourd'hui sur cette pathologie est anxiogène et dramatique pour les malades et les familles. Or, le quotidien de mon mari et le mien me démontrent depuis 2006 que la réalité de la maladie d’Alzheimer n’est pas totalement sombre. Oui, on peut vivre heureux avec la maladie d’Alzheimer ! Daniel a appris à jouer au golf après son diagnostic de la maladie. Il pratique également le tennis et le ping-pong. Pourquoi toujours focaliser sur les capacités perdues et ne pas dire que le malade peut également apprendre de nouvelles choses ?  Le malade est très vulnérable, le stress et l’inquiétude des personnes de l’entourage sont des facteurs aggravants. Le calme et la bonne humeur rendent la pathologie plus légère. Il faut parvenir à lâcher prise sur ce qu'était le proche avant la maladie pour l'accompagner plus sereinement, se focaliser sur la relation. Quand on lutte contre la maladie, on lutte contre le malade", considère-elle, non sans reconnaître qu'il faut du temps pour accéder à ce stade d'acceptation.

 
Colette Roumanoff ne cache pas son aversion pour l'utilisation du terme de "démence" par le corps médical. "A-t-on conscience du choc que ce mot peut générer chez les malades et les familles ? Le discours de la société sur cette maladie se focalise sur les derniers temps de la maladie, la fin du parcours de la personne âgée. Mais on peut  bien vivre durant des années avec les confusions générées par la maladie Alzheimer. Car Alzheimer, ce sont avant tout des confusions, c'est pourquoi je propose de rebaptiser cette maladie "la confusionite". Il faut observer, anticiper les confusions, se mettre à la place du malade pour comprendre ce qui le perturbe dans son environnement. Qu'est-ce qui a déclenché la confusion ? Qu'est-ce qui dérange le malade ?  Le travail d'un aidant auprès d'un malade d'Alzheimer demande de faire preuve de beaucoup d'imagination, d'intelligence et de présence".


Après avoir lancé avec sa fille Valérie, un site internet Alzheimer Autrement, Colette Roumanoff a voulu aller plus loin en ajoutant aux mots, de l’humour pour aborder ce sujet grave. Elle a donc écrit une pièce de théâtre comique "pour combattre les idées reçues sur la maladie d’Alzheimer".



Colette Roumanoff est l'auteur d'un blog bienvivreavecalzheimer dans lequel elle décrit son quotidien d'aidant.