Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

15 janvier 2015
Prise en charge

Savoir accompagner un proche face au cancer

Savoir accompagner un proche face au cancer

Apprendre que l’on souffre d’un cancer est un choc violent. Il appartient à l’entourage d'accompagner et soutenir le malade pour lui épargner un sentiment d’abandon.

 

Le cancer ne tue plus systématiquement. Il n’en est pas moins redouté. Pour tout un chacun, le « crabe » est en effet synonyme de mort à court terme. D’où un sentiment de fragilité et une source d’angoisses certaines voire de peur de l’avenir pour toute personne apprenant qu’elle est affectée par un cancer.

Cet accompagnement d’un proche peut se révéler d’autant plus essentiel que le patient esseulé pourrait sombrer dans une forme de dépression et ne plus trouver la force de se battre contre cet ennemi silencieux. Or, plus que pour tout autre maladie, le mental est un élément essentiel pour guérir d’un cancer. Il est donc fondamental à la fois de prodiguer les conseils rassurants et de témoigner chaleur et compréhension aux malades cancéreux.

Pas question pour autant de les noyer dans un flot de paroles lénifiantes. Il faut avant tout les laisser parler et savoir les écouter. Il n’existe rien de pire en effet qu’un discours qui sonne faux ou laisse percevoir une once d’inquiétude.

 

Comprendre la maladie pour mieux soutenir

 

Selon la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades « en cas de diagnostic ou de pronostic grave, le secret médical n’interdit pas à la famille, aux proches de la personne malade ou à la personne de confiance de recevoir les informations nécessaires destinées à leur permettre d’apporter un soutien direct à celle-ci, sauf opposition de sa part ». Outre votre familiarisation avec la terminologie oncologique, vous pourrez recevoir les informations émanant du corps médical, dès lors que le patient aura autorisé les médecins à vous les transmettre. Vous serez ainsi à même d’éviter les deux écueils auxquels sont confrontés les proches : la panique et la minimisation de la situation.

Accompagner votre proche malade lors de sa/ses consultation(s) chez le médecin spécialiste comme chez le médecin traitant peut se révéler une étape capitale. Vous serez à même de mieux comprendre en quoi consistent les examens et les traitements qui lui seront prescrits et ainsi de palier à d’éventuelles incompréhensions et autres mauvaises interprétations.

Il est donc primordial pour tout proche de s’imprégner d’un minimum de culture oncologique. Sans chercher, bien évidemment, à se substituer aux médecins ni aux membres de l’équipe soignante, les proches devront ainsi acquérir les notions techniques élémentaires sur cette maladie et se familiariser avec le vocabulaire oncologique.

Il faut, par exemple éviter de comparer une situation avec une autre car les caractéristiques d’un cancer diffèrent d’un malade à l’autre. A l’inverse, dès lors que vous poserez les bonnes questions, vous serez à même de bien comprendre la situation dans laquelle évolue le malade et ainsi de lui apporter les bonnes réponses. En clair de le comprendre et de le rassurer.