Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

24 janvier 2018
Prise en charge

Vers un congé "indemnisé" du proche aidant ?

Vers un congé "indemnisé" du proche aidant ?

Une mission parlementaire propose de créer un "statut spécifique" afin d'indemniser le congé du proche aidant et de prendre en compte cette tâche "invisible et gratuite" dans les droits à la retraite.

 

« Elle  s’appelle  Maryse.  Elle  a  arrêté  toutes  ses  activités  pour  s’occuper  de  sa  mère,  touchée par la maladie d’Alzheimer. Elle l’a fait jusqu’à l’épuisement.  Ils  s’appellent  Pascale  et  Jérôme,  ils  ont  pris soin  leur  fils  en  situation  de  handicap  pendant quatorze ans, avec le sentiment, souvent, de se trouver trop seuls.  Il s’appelle Antoine. Il a quatre-vingt-quatre ans. Son épouse perd la mémoire chaque jour  un  peu  plus.  Il  faut  l’aider  et  Antoine  y  passe  sa  vie  :  il  est  toujours  amoureux,  s’exclame-t-il. Mais il appelle à l’aide.  Maryse,  Pascale,  Jérôme  ou  Antoine  sont exceptionnels,  mais  ne  sont  pas  des  exceptions.  Selon  la  DREES,  nous  savons  qu’elles  étaient  8,3  millions  de  personnes  aidantes  en  2008,  dont  57%  de  femmes.  En  dix  ans,  cette  réalité  a  nécessairement  augmenté,  mais  les  études font défaut pour le dire avec précision. Il s’agit d’un phénomène massif, remarquable et révélateur ».


Pierre Dharréville, rapporteur d’une mission sur les aidants a présenté, le 23 janvier, ses conclusions, devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.


 « Il est nécessaire de mettre en place un statut du proche-aidant qui lui confère des droits » car il « a besoin de temps, de ressources et d’accompagnement », a déclaré le rapporteur. Pour le député des Bouches-du-Rhône, « les proches-aidants fournissent un travail gratuit, un travail informel qui vient au mieux en complément, au pire en palliatif, d’une réponse publique qui n’est pas à la hauteur ». C’est pourquoi le congé de proche-aidant, instauré par la loi d’adaptation de la société au vieillissement (ASV) en 2016, devrait selon lui être « indemnisé » et disposer de plus de « souplesse ».


43,14 euros par jour ?

 

Aujourd'hui, il est "trop faiblement recouru" à ce congé par les salariés aidants car "il ne fait l'objet d'aucune indemnisation", il a "une durée insuffisante" (un an maximum sur l'ensemble de la carrière) et il "manque de souplesse". Dans un rapport rendu en décembre 2017, cité par le député, le Haut conseil à la famille, à l'enfance et à l'âge avait estimé le nombre de bénéficiaires potentiels de ce congé du proche aidant à seulement 30 000 personnes.


Le rapporteur de la mission préconise donc que le montant de l'indemnisation soit "identique à celui de l'allocation journalière de présence parentale soit 43,14 euros par jour".


Cette proposition a été adressée à Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, accompagnée d’autres aménagements, comme la possibilité d’un allongement de la durée de ce congé, aujourd’hui limité à un an, ou l’introduction de davantage de souplesse dans les modalités de sa mise en œuvre (possibilité de recourir au télétravail pour les aidants en activité professionnelle, accroissement des possibilités de fractionnement du congé…).

 

L'aide au répit de 500 euros jugée "dérisoire"

 

Le  «  droit   au   répit »  a  été  institué  par  la  loi  d’adaptation  de  la  société  au  vieillissement  et  s’inscrit  dans  le  cadre  de  l’allocation  personnalisée  d’autonomie  à  domicile  (APA). Il ne s’agit pas de dégager du

 

temps à la personne pour aider, mais de lui permettre de souffler  en  offrant  à  la  personne  aidée  un  service  de  remplacement.  Ce  droit  prend  la  forme  d’un  déplafonnement  de  l’APA  en  vue  de  répondre  à  des  «  besoins  de  répit »,  ces  besoins  étant identifiés par l’équipe médico-sociale d’évaluation des besoins.

 

Les proches aidants peuvent bénéficier d’une aide au répit d’un montant annuel de 500 euros. Pour rappel, cette aide se tradut par des heures d’aides à domicile supplémentaires, par un accueil de jour ou par un hébergement temporaire en établissement. Le rapporteur juge le montant maximal (500 euros par an) "dérisoire par rapport aux besoins et aux coûts réels d’une prise en charge".

 

Droits à la retraite

Le droit au répit devrait également être amélioré, selon le rapport, tout comme la situation des proches-aidants au regard de la retraite.
La mission recommande d'étendre la majoration de la durée d'assurance vieillesse aux proches aidants de personnes en situation de dépendance. Actuellement, cela se fait uniquement pour les aidants de personnes handicapées, qui bénéficient d'une majoration à hauteur d'un trimestre par période de prise en charge de 30 mois, dans la limite de huit trimestres.

 

Enfin, la mission préconise :
- Le maintien provisoire des aides lors du décès de la personne aidée lorsqu’elles servent à rémunérer une personne aidante pendant 3 mois qui suivent.
- L’instauration d’une prise en charge à 100% des dépenses de santé des proches-aidants, souvent confrontés à des situations d’épuisement, avec des conséquences parfois très graves pour leur santé. Ainsi que l’organisation d’une consultation annuelle avec un psychologue, contribueraient à améliorer leur santé.