Pour les personnes âgées comme pour leurs proches aidants, la saison estivale est bien souvent une période qui appelle à de nombreuses vigilances. C’est tout particulièrement vrai quand la France est touchée par un épisode caniculaire comme c’est le cas depuis le 24 juin. Les températures devraient osciller sur la plupart des régions entre 35 °C à 39 °C pendant toute la semaine.
Avec le réchauffement climatique, ces épisodes caniculaires seront de plus en plus nombreux et de plus en plus intenses. Depuis la canicule de 2003 et ses 15.000 décès entre le 1er et 20 août, majoritairement chez les personnes âgées, la France a adopté le Plan national canicule, un dispositif de prévention efficace. Mais il n’est pas superflu de rappeler, comme le fait Domimag, les mesures de précaution à prendre pour protéger les personnes âgées lors des fortes chaleurs.
Redoublons de vigilance surtout avec les personnes âgées isolées ! Celles qui le sont tout au long de l’année tout comme celles qui le seront durant les mois de juillet et d’août, avec le départ en vacances de leurs proches. Repérer, prévenir, conseiller, sensibiliser : quand les températures grimpent, les professionnels de l’aide à domicile jouent alors un rôle clé auprès des seniors les plus fragiles.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

20 février 2015
Solutions de répit

Le baluchonnage : la France enfin prête ?

Le baluchonnage : la France enfin prête ?

Tout droit venu du Canada, le baluchonnage, rebaptisée relayage en France, est une solution de répit proposée aux aidants de personnes âgées. Le principe : permettre à l'aidant de se reposer et bénéficier d'un relais 24 heures sur 24 au domicile de leur proche. Ce dispositif devrait bientôt être expérimenté en France.

 

Le baluchonnage est une solution inventée Outre-Atlantique afin de permettre à l'aidant de prendre quelques jours de vacances en sachant son proche en sécurité et entouré à son domicile. Ce terme "baluchonnage" a été inventé au Québec par Marie Gendron, qui a lancé en 1999 Baluchon Alzheimer.


Le principe ?

Durant ces quelques jours de vacances, le relais est assuré pour la personne aidée en toute sécurité : sa prise en charge se fait au domicile par des équipes de professionnels (aides à domicile, assistantes de soins en gérontologie) qui se relaient. Le "baluchonneur" ou la "baluchonneuse" est présent au domicile de la personne âgée jour et nuit, 24 heures sur 24, pendant plusieurs jours.


En présence de la personne âgée et de l'aidant, une visite préalable au domicile est effectuée pour connaître les habitudes de vie de la personne à aider, ses activités, son environnement, les dispositifs d'aide à domicile déjà existants. Une première cohabitation est organisée à domicile d'une demi-journée avec l'aidant et la personne malade. Cette solution de répit est avantageuse car elle permet de préserver les habitudes pour la personne dépendante tout en lui donnant l'occasion de pratiquer des activités nouvelles avec l'intervenant. De son côté, l'aidant est rassuré de savoir que son proche est entre de bonnes mains en restant à domicile. Un journal d'accompagnement est d'ailleurs souvent tenu par l'intervenant à destination de l'aidant.

 

Une expérimentation à venir ?

 

En France, le baluchonnage n'est pas encore possible car le droit du travail ne permet pas de travailler plus de 12 heures consécutives. Ce sujet du baluchonnage fait débat depuis de nombreux années en France. Ainsi, en 2008, une proposition de loi avait été déposée par Damien MESLOT, député, afin de permettre "d'étendre la durée du travail journalier des personnels chargés de travailler dans l'accompagnement et la garde à domicile des personnes dépendantes."
Les lignes bougent.
L'Assemblée nationale a adopté en première lecture, le 30 janvier, le projet de loi « pour un Etat au service d'une société de confiance ». L'article 29 prévoit d'expérimenter pendant trois ans un dispositif de répit des aidants familiaux sur le modèle du baluchonnage québécois.
Concernant la durée d'intervention, l'article 29 prévoit :
• 6 jours d'intervention consécutifs au maximum ;
• et 94 jours maximum sur 12 mois consécutifs.
La durée de repos quotidien, de 11 heures consécutives, peut être soit supprimée, soit réduite avec attribution d'un repos compensateur. La totalité des heures accomplies ne peut excéder un plafond de 48 heures par semaine en moyenne, apprécié sur chaque période de quatre mois.
Le projet de loi rappelle les bénéfices de ce dispositif à la fois pour les aidants et pour les personnes handicapées ou âgées accompagnées à domicile.
- pour les aidants :
Le dispositif proposé leur permet de prendre plus facilement du repos qu'un dispositif d'hébergement temporaire qu'ils peuvent être réticents à utiliser, avec un bénéfice pour leur santé physique et psychique. L'intervenant peut en outre leur proposer des stratégies d'accompagnement (modes de faire, manières de communiquer....) de la personne aidée de nature à améliorer la relation et la prise en charge et éventuellement en alléger les difficultés.
- pour les personnes handicapées ou âgées :
Le dispositif proposé leur permet de ne pas être déplacées dans un lieu inconnu, de demeurer dans un lieu où elles ont leurs repères et d'être prise en charge par une seule personne.
- pour les « couples aidant/aidé » :
Le dispositif proposé permet une amélioration de la relation par une prise de distance temporaire.
Plus globalement, le dispositif devrait avoir des impacts en termes :
- d'amélioration de la qualité de vie et de la santé des aidants,
- d'amélioration de la qualité de vie et de l'accompagnement des personnes âgées et handicapées à domicile et de prévention de situations de maltraitance,
- de possibilité pour les personnes en perte d'autonomie de vivre plus longtemps à leur domicile, plutôt que d'aller en institution,
- de prévention des hospitalisations ou entrées en institution non souhaitées, coûteuses et potentiellement préjudiciables aux intéressés eux-mêmes, du fait d'une indisponibilité temporaire de l'aidant du fait d'une hospitalisation.