L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

06 mai 2014
Solutions de répit

Les groupes de parole : une bouffée d'oxygène

Les groupes de parole : une bouffée d'oxygène

Parler à cœur ouvert de son vécu, échanger avec des personnes confrontées à la même situation, obtenir du réconfort et du soutien. Les groupes de parole offrent de moments de partage aux aidants.

Devenir aidant, c’est s’engager dans un accompagnement de longue haleine. Les groupes de parole, animés par un psychologue, permettent d’identifier et de prévenir l’épuisement, de rencontrer des personnes qui sont dans la même situation, sortir de son isolement et trouver du réconfort.
Certains groupes de parole sont spécialisés et s'adressent à des aidants précis, par exemple aux aidants de personnes touchées par une maladie ou un handicap particuliers. C’est le cas par exemple des groupes de parole organisés par France Alzheimer ou France Parkinson. D'autres groupes de paroles sont ouverts à un public d'aidants plus large, par exemple aux aidants d'une personne âgée de plus de 60 ans en perte d'autonomie. La périodicité des groupes de parole est mensuelle. Les rencontres durent une heure trente. "Avant de rejoindre un groupe de parole, l’aidant a un entretien préalable en tête-à-tête avec le psychologue pour définir avec lui ce qu’il attend de ces rencontres. Le rôle du psychologue est de réguler le temps de parole, d’assurer la régularité des échanges et des interventions. Rejoindre un groupe de parole, c’est être confronté au vécu des autres. Il y a des règles de confidentialité à respecter, savoir écouter sans porter de jugement, respecter la singularité de chacun. Les participants conseillent mais ne doivent pas juger", explique Marie-Odile Allaert, psychologue à Dunkerque et animatrice de groupes de parole, depuis deux ans.

S’informer, échanger, s’épauler

Aucune thématique particulière n’est programmée lors des groupes de parole. Chacun peut évoquer la situation dans laquelle il se trouve, ses émotions, les difficultés rencontrées, les décisions qu'il doit prendre, ses besoins sur le plan humain que sur le plan financier. "Devenir aidant modifie la relation, qu’elle soit conjugale ou filiale, avec la personne âgée. L’aidant a un fort sentiment de devoir, de culpabilité et va très souvent s’investir dans l’accompagnement de son proche jusqu’à l’épuisement. Ces temps de parole sont l’occasion de s’informer sur les différentes solutions de répit, de verbaliser sans tabou, librement leur souffrance, leur mal-être. Les aidants accompagnent des malades à différents stades de la maladie. Le groupe de parole va permettre d’anticiper, de s’informer à travers le vécu concret des autres participants", détaille la psychologue. Au fur et à mesure des réunions se construit, en commun, une véritable réflexion qui va aider les aidants à mieux vivre au quotidien la maladie et prendre les décisions qui s’imposent 

"L’atmosphère lors des groupes de parole n’est pas anxiogène. Le groupe, aidé par le psychologue et grâce à la confiance qui s’installe, va aboutir à de nouvelles pistes de réflexion permettant à chacun de se repositionner par rapport à son rôle d’aidant. Les participants pleurent mais ils leur arrivent aussi de rire, d'évoquer des anecdotes rocambolesques, cocasses. Le groupe essaie d’apporter du positif à des situations lourdes ", assure Marie-Odile Allaert.

De nombreuses associations de groupes de parole existent. Pour trouver celui qui vous convient le mieux et est le plus proche de chez vous, vous pouvez vous renseigner auprès du Centre local d'information et de coordination (CLIC).