Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

07 juillet 2016
Prévention

Comment bien vieillir en 15 minutes par jour 

Comment bien vieillir en 15 minutes par jour 

Certaines personnes âgées sont encore trop sédentaires. Pourtant, 15 minutes d’exercice quotidien suffiraient à réduire le risque de décès toutes causes confondues de 22%. Les bénéfices d’une petite promenade quotidienne sont immenses.

 

Actuellement, moins de la moitié des personnes âgées atteignent le seuil hebdomadaire de 150 minutes d’activité modérée ou 75 minutes d’activité vigoureuse. Les recommandations actuelles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont inatteignables pour bon nombre de seniors. Les scientifiques ont donc cherché à savoir si des niveaux inférieurs pouvaient être bénéfiques et même réduire la mortalité chez les personnes âgées. Et c’est le cas !


A 60 ans et plus, 15 minutes d’activité physique par jour sont déjà associées à une réduction de 22% du risque de décès prématuré. Telle est la conclusion d’une étude française, menée au CHU de Saint-Etienne et présentée au Congrès EuroPRevent 2016 de l’European Society of Cardiology.

En somme, un peu d’exercice vaut mieux que pas du tout,  chez les personnes âgées. «  Nous avons constaté qu’un faible niveau d’exercice est déjà associé à un risque inférieur de 22% par rapport aux sédentaires. Ce niveau équivaut à 15 minutes de marche rapide chaque jour », soulignent les auteurs de l’étude. Un quart d’heure, cela ne semble vraiment pas grand chose, mais selon les chercheurs, ce serait déjà beaucoup, notamment chez les personnes qui ont perdu l’habitude de se déplacer.


« L’âge n’est pas une excuse pour ne pas faire de l’exercice», explique le Dr Hupin du CHU de Saint-Etienne et principal auteur de ce travail. «Il est bien établi qu’une activité physique régulière présente un meilleur effet global sur la santé que tout traitement médical. Les personnes âgées devraient progressivement augmenter l'activité physique dans leur vie quotidienne plutôt que de changer radicalement leurs habitudes pour suivre les recommandations. Quinze minutes par jour semblent un objectif raisonnable pour les personnes âgées et de petites augmentations progressives peuvent permettre ensuite de se rapprocher des recommandations de 150 minutes par semaine ».

 

La durée n’est pas forcément le critère le plus important : de petites sessions d’exercice intense pourraient apporter plus de bénéfices à la condition physique et la mobilité des personnes de 65 ans et plus, que la pratique d’un exercice d’intensité modérée sur une plus longue durée.

 

Bouger pour lutter contre la maladie d'Alzheimer


L'activité physique retarde l'apparition des symptômes de la maladie d'Alzheimer, même après 65 ans, selon une étude publiée dans le Journal of Alzheimer's Disease. Cette étude est la première à démontrer que tous les types d'activité physique aérobie (c'est-à-dire une activité qui nécessite l'oxygène comme source principale de combustion des sucres pour fournir de l'énergie à l'organisme) pourraient améliorer la structure du cerveau et réduire le risque de développer une maladie d'Alzheimer de moitié.
Chez les personnes déjà malades, l’activité physique ralentirait également le déclin cognitif. En effet, l’activité physique n’empêche pas l’apparition de la maladie d’Alzheimer ou ne peut pas stopper sa progression. En revanche, elle contribue à retarder et à freiner le déclin des facultés.