Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

05 mai 2015
Prévention

Eviter les troubles de la déglutition

Eviter les troubles de la déglutition

Entre 30 à 40 % des personnes âgées à domicile peuvent avoir des troubles de la déglutition et donc des difficultés pour s’alimenter ou boire. Pour ne pas avaler de travers et risquer de s’étouffer, respecter quelques conseils peut se révéler salvateur.

 

Les troubles de la déglutition sont fréquents dans de nombreuses pathologies. Ils peuvent toucher plus de la moitié des patients ayant subi un accident vasculaire cérébral et jusqu’à 80% des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou de maladies neurodégénératives. On estime que 30 à 40 % des personnes âgées à domicile peuvent avoir des difficultés pour avaler et donc pour s’alimenter ou boire. La gravité des troubles de la déglutition est variable et peut aller d’une gêne modérée à une incapacité totale à avaler. Les conséquences sont plus ou moins graves, pouvant aller du risque de fausses routes jusqu’à des infections pulmonaires. 

Il est donc indispensable de veiller à ce que les aliments liquides comme soldes soient avalés correctement et passent ainsi de la bouche à l’estomac, via le pharynx ou la trachée, sans s’égarer dans des chemins de traverse.


Cette vigilance se révèle d’autant plus nécessaire que des fausses routes à répétition engendrent une accumulation de liquides et autres aliments solides dans les poumons avec, à la clé, un risque d’infection respiratoire grave. Sans parler du désagrément qu’occasionnent ces étranglements répétés.

 

Les précautions à prendre


D’où l’absolue nécessité de faciliter la déglutition. Comment ? Tout d’abord, en mangeant dans un cadre calme et dans une ambiance détendue. La sérénité contribue à une bonne déglutition. Il faut éviter de faire autre chose en même temps afin de se concentrer sur ce moment, car la déglutition est un système complexe, qui met en jeu des centres nerveux et des muscles. Il est fortement déconseillé, par exemple, de regarder la télévision au moment des repas ou encore de parler trop vivement ou encore de rire en avalant une bouchée ou une gorgée.

- Il est recommandé de protéger les voies aériennes en se maintenant assis, le buste bien droit et la tête légèrement inclinée en avant ; puis au moment de déglutir, de baisser la tête en rentrant le menton dans la poitrine. En tout état de cause, il est préférable de ne pas pencher la tête en arrière et donc de ne pas finir les fonds de verre ni de boire à la bouteille.

 

Ne restez pas debout quand vous aidez votre proche à manger.

"Lorsqu’une tierce personne amène le verre ou la fourchette à la bouche de la personne âgée, cette dernière doit se placer soit face à lui ou de côté, mais toujours plus bas que son visage. Il arrive souvent pour des raisons de temps que l’aidant reste debout pour proposer l’aliment. Dans ce cas la personne âgée est amenée à relever son menton, la tête est alors en hyper extension, et le larynx ainsi que les voies respiratoires sont ouverts aux fausses routes"


- Prendre son temps est également l’une des clés d’une déglutition sans souci. Petites bouchées et petites gorgées entrecoupées de pauses permettront ainsi de se sustenter sans risque. Outre les petites quantités, privilégiez les repas fractionnés afin de limiter toute fatigue.
- Sélectionnez enfin les mets en évitant les aliments secs, collants, peu glissants, friables ou encore non liés (tels que le riz, les lentilles, la semoule...).
- Si la personne âgée rencontre des difficultés à avaler, n’hésitez pas à la faire boire à la paille ou à la cuillère afin d’avaler des quantités moins importantes.

Un élément très important pour stimuler la déglutition est de choisir des boissons fraîches et de préférence gazeuses (les laisser dans le réfrigérateur et ne les sortir que quelques minutes avant les repas).

 

Quant aux aliments solides, il est recommandé à les couper en petits morceaux ou à les mouliner. Afin de faciliter la prise des médicaments, les comprimés ou gélule peuvent être enrobés par certains aliments à l’instar du yaourt, du fromage blanc ou de la compote.


Certaines maladies, telle que la mycose buccale, peuvent accentuer les troubles de la déglutition. Il est donc primordial de demander au médecin ou à l’infirmier d’examiner régulièrement la bouche de la personne âgée et, le cas échéant, de  prescrire des soins de bouche à titre préventif.