L’éternelle question du financement de la dépendance va revenir en débat, dans les semaines à venir. En juin dernier, le président de la République a promis une loi votée avant fin 2019. « Nous devons avoir un débat national, indispensable pour répondre au nouveau risque de la dépendance. Sur ce sujet, l'année 2019 sera consacrée à une loi qui sera votée avant la fin de l’année. », avait déclaré Emmanuel Macron, lors de son discours devant le congrès de la Mutualité à Montpellier.

Deux tiers des Français considèrent que l'État et les pouvoirs publics doivent "prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes", et seul un tiers est favorable à une nouvelle cotisation sociale "obligatoire pour tous", selon un sondage rendu public, en mars, par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

L’enjeu est de taille. D’ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de plus de 85 ans, contre 1,5 million aujourd’hui. Face à ce choc démographique, les dépenses liées à la dépendance, estimées aujourd’hui à près de 30 milliards d’euros annuels (24 milliards d’euros en dépenses publiques, le reste reposant sur les ménages), pourraient exploser.

Un débat de société qui permettra de remettre au cœur des préoccupations le devenir des personnes âgées en perte d’autonomie.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

23 mars 2018
Prévention

L’activité physique réduit le risque de dépendance

L’activité physique réduit le risque de dépendance

Près de la moitié des seniors français ne pratique aucune activité physique. Or, la sédentarité et le manque d’activité physique régulière sont l’un des facteurs les plus délétères pour la santé.

 

De nombreuses études confirment que les personnes âgées physiquement actives se maintiennent en bonne santé beaucoup plus longtemps que leurs pairs sédentaires.


La sédentarité est considérée aujourd’hui comme le 4ème facteur de risque de mortalité après l’hypertension artérielle, le tabagisme et le diabète.


Et pourtant, un sondage réalisé en octobre 2013 par la Fédération des prestataires de santé à domicile a mis en évidence l’insuffisance de l’activité physique pratiquée par les personnes âgées de 60 ans et plus. Près de la moitié des seniors français ne pratiquent aucune activité physique. 43 % des séniors font moins de 10 heures d’activités physiques par semaine (marche, ménage, courses...).

 

Chez les seniors le principal frein est le manque d’envie pour 42%, le manque de temps pour 17% et l’état de santé pour 13% d’entre eux.


Pour ceux qui s’activent, la marche (43%) arrive en première position, loin devant le vélo (15%), la natation (12%) et la gymnastique (10%)

 

Les bienfaits de l’activité physique sont désormais scientifiquement démontrés.

 

Outre l’amélioration du tonus musculaire, la pratique d’une activité physique a un bénéfice sur le plan cardiovasculaire, les maladies métaboliques, le cancer, la dépression, l'anxiété. La pratique régulière d’une activité physique réduit les risques de surcharge pondérale, d’hypertension artérielle, de diabète de type 2, d’ostéoporose, les douleurs dorsales ainsi que le cancer du côlon et du sein. Elle a aussi un effet positif sur le maintien des capacités cognitives chez les seniors.

 

L’activité physique n’agit pas seulement sur la santé physique des personnes âgées mais également sur leur santé mentale en contribuant à leur bien-être et à leur qualité de vie. 

 
Selon le Pr Jean-François Toussaint, coordinateur du Plan National de prévention par les Activités Physiques et Sportives et directeur de l’Institut de recherche bio-médicale et d'épidémiologie du sport (IRMES), l’activité physique est un pilier majeur de prévention de la dépendance. Elle réduit le déclin de l’aptitude physique, elle participe au maintien de l’équilibre nutritionnel et elle améliore les capacités cognitives (dynamisme, efficacité, sentiment de bien-être). Le maintien de l’activité physique contribue au maintien de la fonction musculaire nécessaire au maintien de la mobilité et des capacités à effectuer les activités de la vie quotidienne chez le sujet âgé.

 

Une activité physique de 30 minutes par jour est un facteur d'amélioration concrète de l'état de santé et de l'espérance de vie. Par activité physique, il faut entendre la pratique d’un sport, mais aussi toute activité réalisée dans le cadre de la vie courante (ménage, bricolage, jardinage…).

 

30 minutes de marche par jour diminuent le risque d’infarctus de près de 20% !

« La sédentarité – le temps passé assis ou allongé en dehors des temps de repas et de sommeil – et l'inactivité physique sont pourtant des facteurs de risque majeurs de maladies cardio-vasculaires », rappelle le Pr Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération Française de Cardiologie et cardiologue au CHU de Lille

Pour entretenir sa forme et préserver sa santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de faire 10 000 pas par jour.

 

8 Français sur 10 pensent qu'une séance d'une heure d'activité physique par semaine suffirait à prévenir les risques cardio-vasculaires, alors qu'il est en réalité plus bénéfique pour la santé de bouger régulièrement, chaque jour explique le Pr François Carré, cardiologue au CHU de Rennes et membre de la Fédération Française de Cardiologie.