L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

13 avril 2016
Prévention

La perte d’autonomie, redoutée mais peu préparée

La perte d’autonomie, redoutée mais peu préparée

Alors qu’une majorité des Français se sent concernée par la perte d’autonomie de leurs proches âgés, peu d’entre eux discutent de ce sujet au sein de leur famille.


81% des Français déclarent avoir peur de l'avenir, selon une enquête « Argent et entraide familiale : une réalité quotidienne entre les générations ? »* menée par TNS Sofres pour le compte de la Carac, mutuelle d’épargne et de retraite. 71% des Français interrogés par TNS Sofres déclarent avoir été touchés par la crise (49% à titre personnel et 39% via leur entourage). « Dans ce contexte morose, la famille est plus que jamais considérée comme un refuge, un pilier sur lequel se reposer en cas de difficultés. 63% des interrogés pensent que le soutien financier est le rôle de la famille », souligne l’étude.

 

Le maintien à domicile, solution perçue comme mois chère

 

65 % des Français n’ont jamais parlé à leur famille du risque de perte d’autonomie. Pourtant, elle est la principale crainte des Français pour leurs proches : 64 % des Français craignent que leurs parents ou grands-parents ne deviennent dépendants.


Seuls 22 % des Français ont commencé à préparer financièrement leur perte d’autonomie (33 % des 65-75 ans). Quant à celle de leurs parents, ils sont 13 % à déclarer l’avoir préparé. Que ce soit pour soi-même ou bien pour ses parents, l’épargne reste privilégiée comme solution de préparation (60 %), loin devant la prévoyance et l’assurance dépendance. L’étude montre que les Français épargnent peu pour financer la perte de dépendance de leurs parents et grands-parents (18% des réponses), contrairement aux études supérieures des enfants (45%), à leur permis de conduire (36%) ou pour la naissance des petits-enfants (29%);

 

Concernant la prise en charge, le maintien à domicile reste la solution perçue comme la moins chère par les Français : 61% la jugent plus économique qu’une maison de retraite et 63% plus avantageuse qu’une résidence seniors.



* Etude réalisée auprès de 1000 individus âgés de 18 à 75 ans, ayant au moins 1 enfant, frère, sœur, parent ou grand parent au sein de son cercle familial actuel. Ces individus sont issus d’un échantillon national représentatif de la population française.