Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

27 janvier 2016
Prévention

Repérer la douleur chez la personne âgée

Repérer la douleur chez la personne âgée

La souffrance est trop souvent considérée à tort comme la conséquence normale de la vieillesse. Repérer pour soulager est d’autant plus nécessaire que la personne âgée n’exprime pas forcément sa douleur.

 

L’apparition de douleurs augmente avec le vieillissement du corps. Ainsi, le risque de douleurs chroniques s’accroit avec l’âge au point d’être quatre fois plus élevé après 65 ans, qu’entre 16 et 25 ans.Chez la personne âgée, tout geste de la vie quotidienne peut être potentiellement douloureux : lever, coucher, déplacement, habillage, montée et descente des escaliers, ramassage d’un objet au sol, etc. D’où la nécessité de repérer dès leur apparition les premiers signes de douleur.

 

Les articulations porteuses sont souvent le théâtre de réelles souffrances. Sans oublier le nombre croissant de pathologies qui se développent avec l’âge et font des personnes âgées des sujets poly-pathologiques. Mais la douleur n’est pas unique. Selon les spécialistes elle serait même triple ; le type de douleur variant en fonction de son origine.

- Première catégorie, la douleur procédurale est induite par des soins, tels qu’un pansement, une ponction, une prise de sang.

- Liée à un traumatisme, une lésion inflammatoire et autres atteintes tissulaires, la douleur aigüe, quant à elle, se manifeste souvent par une tachycardie, des suées, une élévation de la pression artérielle ou encore une anxiété.

- Lorsque ce signal d’alarme devient une maladie en tant que telle, la douleur devient chronique. Il convient alors de distinguer d’une part, les douleurs inflammatoires - qu’elles soient d’ordre rhumatismales, viscérales ou bien liées à des pathologies cancéreuses ou artérielles - ; d’autre part, les douleurs liées à une lésion ou à une maladie affectant le système nerveux central, tels qu’un zona, un diabète ou encore un AVC (accident vasculaire cérébral) et enfin les douleurs liées à un dysfonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur, telles que fibromyalgie, la céphalée de tension, la colopathie « fonctionnelle » ou encore la cystite interstitielle.

 

« Par impuissance autant que par pudeur, les personnes âgées se révèlent peu expansives sur leur état douloureux. Pour elles, l’important réside dans la faculté de supporter, d’apprivoiser la douleur par peur de l’excès de médicalisation. La douleur, même contraignante, est en quelque sorte nécessaire au maintien de l’autonomie, d’une vie encore active. », note une étude de la Dress.

 

Il faut donc observer avec attention les changements de comportement chez la personne âgée afin de déceler une éventuelle douleur. Le refus de se lever, de se laver, de se soigner ou encore de manger voire de communiquer peuvent en effet avoir pour origine une douleur

 

- Ne pas attendre la plainte et poser la question de la présence d’une douleur à la personne âgée. Toute plainte doit être prise en compte

- En cas de troubles de la communication verbale chez la personne âgée, soyez vigilant aux signaux exprimés par le corps et aux modifications de comportement : changements dans les habitudes de vie, recours à diverses méthodes antalgiques, attitudes et/ou mimiques inhabituelles, comportements et/ou humeur inhabituels, etc

 

Quelle que soit leur origine, ces différents types de douleurs ont tous en commun de devoir être rapidement traités. A défaut, la douleur pourrait devenir un problème central.