L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

27 janvier 2016
Prévention

Repérer la douleur chez la personne âgée

Repérer la douleur chez la personne âgée

La souffrance est trop souvent considérée à tort comme la conséquence normale de la vieillesse. Repérer pour soulager est d’autant plus nécessaire que la personne âgée n’exprime pas forcément sa douleur.

 

L’apparition de douleurs augmente avec le vieillissement du corps. Ainsi, le risque de douleurs chroniques s’accroit avec l’âge au point d’être quatre fois plus élevé après 65 ans, qu’entre 16 et 25 ans.Chez la personne âgée, tout geste de la vie quotidienne peut être potentiellement douloureux : lever, coucher, déplacement, habillage, montée et descente des escaliers, ramassage d’un objet au sol, etc. D’où la nécessité de repérer dès leur apparition les premiers signes de douleur.

 

Les articulations porteuses sont souvent le théâtre de réelles souffrances. Sans oublier le nombre croissant de pathologies qui se développent avec l’âge et font des personnes âgées des sujets poly-pathologiques. Mais la douleur n’est pas unique. Selon les spécialistes elle serait même triple ; le type de douleur variant en fonction de son origine.

- Première catégorie, la douleur procédurale est induite par des soins, tels qu’un pansement, une ponction, une prise de sang.

- Liée à un traumatisme, une lésion inflammatoire et autres atteintes tissulaires, la douleur aigüe, quant à elle, se manifeste souvent par une tachycardie, des suées, une élévation de la pression artérielle ou encore une anxiété.

- Lorsque ce signal d’alarme devient une maladie en tant que telle, la douleur devient chronique. Il convient alors de distinguer d’une part, les douleurs inflammatoires - qu’elles soient d’ordre rhumatismales, viscérales ou bien liées à des pathologies cancéreuses ou artérielles - ; d’autre part, les douleurs liées à une lésion ou à une maladie affectant le système nerveux central, tels qu’un zona, un diabète ou encore un AVC (accident vasculaire cérébral) et enfin les douleurs liées à un dysfonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur, telles que fibromyalgie, la céphalée de tension, la colopathie « fonctionnelle » ou encore la cystite interstitielle.

 

« Par impuissance autant que par pudeur, les personnes âgées se révèlent peu expansives sur leur état douloureux. Pour elles, l’important réside dans la faculté de supporter, d’apprivoiser la douleur par peur de l’excès de médicalisation. La douleur, même contraignante, est en quelque sorte nécessaire au maintien de l’autonomie, d’une vie encore active. », note une étude de la Dress.

 

Il faut donc observer avec attention les changements de comportement chez la personne âgée afin de déceler une éventuelle douleur. Le refus de se lever, de se laver, de se soigner ou encore de manger voire de communiquer peuvent en effet avoir pour origine une douleur

 

- Ne pas attendre la plainte et poser la question de la présence d’une douleur à la personne âgée. Toute plainte doit être prise en compte

- En cas de troubles de la communication verbale chez la personne âgée, soyez vigilant aux signaux exprimés par le corps et aux modifications de comportement : changements dans les habitudes de vie, recours à diverses méthodes antalgiques, attitudes et/ou mimiques inhabituelles, comportements et/ou humeur inhabituels, etc

 

Quelle que soit leur origine, ces différents types de douleurs ont tous en commun de devoir être rapidement traités. A défaut, la douleur pourrait devenir un problème central.