L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

22 février 2016
Prévention

Se sentir vieux augmente le risque d’hospitalisation

Se sentir vieux augmente le risque d’hospitalisation

Se sentir plus vieux que son âge augmenterait les risques de faire un séjour à l'hôpital, jusqu'à 25% supérieur. Explications.

 

 Le bien-vieillir, c’est aussi dans la tête ! Une équipe de chercheurs franco-américains vient de prouver, dans une étude publiée par le Health Psychology que les personnes qui se sentent plus vieilles que leur âge augmentent leurs risques de faire un séjour à l'hôpital, de 10 à 25% dans les deux à dix ans.


10 000 personnes âgées de 24 à 102 ans, recrutés entre 1995 et 2013, ont participé à ces travaux dans le cadre des 3 études longitudinales. Tous ont été interrogés sur leur « âge subjectif », c’est-à-dire l’âge qu’ils ressentent et non celui indiqué sur leurs papiers d’identité. Les chercheurs ont aussi obtenu des formulaires sur des maladies pouvant influencer les résultats, comme un diabète, une hypertension ou un cancer par exemple.

 

Se sentir plus âgé est associé à une moins bonne santé physique et mentale, avec donc un risque accru de maladies et/ou de complications justifiant une hospitalisation : l’âge subjectif pourrait être ainsi être un marqueur précieux pour aider à identifier les personnes à risque d'hospitalisation. L'étude révèle que les individus enclins à se sentir plus âgé ont tendance à être aussi déprimés, sédentaires, en moins bonne santé avec des déficiences physiologiques et un déclin cognitif plus rapide.

 

Une image dégradée de soi qui reste trop souvent liée au regard des autres. Au cours du vieillissement, les préjugés, sociaux et personnels, ont donc bien, selon cette étude, des effets réels et mesurables sur la santé, notamment sur la mémoire et l’audition. « De précédentes recherches ont montré que ce sentiment d’être vieux peut affecter le bien-être et d'autres facteurs liés à la santé, nous savons aujourd’hui qu’il peut aussi accroître le risque d’hospitalisation », explique en substance le Pr Yannick Stephan, de l'Université de Montpellier.