Ouvrir la porte du réfrigérateur d’une personne âgée fragile pour vérifier s’il n’est pas vide, vérifier son poids régulièrement... La vigilance est de mise pour prévenir ou stopper la dénutrition des personnes âgées fragiles vivant à domicile. De 4 à 10 % des personnes âgées de plus de 70 ans qui vivent toujours chez elles et 20 à 40 % des personnes hospitalisées souffrent de dénutrition.

Comme le rappelle le Collectif de lutte contre la dénutrition qui a lancé, le 26 novembre, une grande campagne de prévention nationale : « la faim tue, l’absence de faim aussi ». La dénutrition est une maladie invisible qui touche près de 2 millions de personnes en France. Et contrairement aux idées reçues, elle ne concerne pas uniquement les personnes en précarité sociale.
Par ailleurs, même si l’appétit peut diminuer avec l’avancée en âge, les besoins nutritionnels des sujets âgés ne diffèrent pas de ceux de la population adulte. Raison de plus pour être attentif aux variations de poids, à la nutrition des plus âgés.

Les intervenants à domicile sont une aide précieuse pour lutter contre ce fléau silencieux en assurant la préparation et l’aide aux repas des personnes âgées en perte d’autonomie et des seniors isolés. Les professionnels de l’aide à domicile sont également des « sentinelles » pour alerter les professionnels de santé (médecin, infirmier libéral, kinésithérapeute...) et les proches aidants d’une perte d’appétit et de poids chez la personne âgée accompagnée.

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

29 juin 2018
Prévention

Une mauvaise audition accélère la perte d’autonomie

Une mauvaise audition accélère la perte d’autonomie

Dépister la perte d’audition chez les seniors contribue au bien-vieillir.  Trop peu diagnostiquée, la déficience auditive a d'importantes répercussions sur la vie quotidienne de la personne âgée. Selon une étude scientifique, les personnes malentendantes non équipées voient leur risque de dépendance précoce s'accroître.

 

La plupart des déficiences auditives se développent au fur et à mesure de l’avancée en âge. Selon la Fondation pour l'audition, environ 30% des personnes de plus de 65 ans souffrent de troubles de l’audition. Pour les personnes de 85 ans et plus, cette proportion passe à 70-90%., connus sous le terme de presbyacousie. Les signes évocateurs de la presbyacousie sont une baisse de la perception des sons aigus et des problèmes de compréhension dans le bruit. Avec le temps, les difficultés auditives et les troubles de la compréhension s’accentuent, y compris dans des ambiances plus calmes, et peuvent aboutir à une surdité invalidante pour la personne âgée.

 

Les 3 D (Dépression, démence, dépendance)


Encore trop peu diagnostiquée, la perte d'audition, même partielle ou progressive, n'est jamais anodine et a d'importantes répercussions sur la vie quotidienne de la personne âgée. Non traitée, la presbyacousie peut avoir un impact indirect mais important sur la perte d'autonomie. "Fréquemment, on observe chez ces personnes un déclin cognitif, des symptômes dépressifs et un isolement social", note la Fondation pour l'audition.

Une personne âgée qui entend de moins en moins bien et qui ne s’appareille pas est une personne qui s’isole et qui multiplie les risques de devenir dépendante. De récentes études démontrent la relation entre la malentendance et la dépendance des personnes âgées. Les problèmes auditifs liés à l’âge entraînent un isolement social, souvent à l’origine d’un état dépressif.« Les études faisant le lien entre santé auditive conservée et fonctions cognitives préservées sont plus nombreuses chaque année. Elles montrent pour certaines qu’une personne qui souffre d’une perte auditive légère de 25dB non prise en compte, a en moyenne une baisse de sa performance cognitive équivalente à celle d’une personne de 7 ans plus âgée et un risque d’autonomie perdue accéléré d’autant », souligne l’association Agir pour l’audition.

Des travaux de recherche américains menés par le professeur Frank R. Lin du centre Johns Hopkins de Baltimore, publiés en 2013 dans le Journal of The American Medical Association (JAMA) Neurology, ont pour la première fois relevé que le degré de perte auditive serait lié au risque de développement d’une démence ou de la maladie d’Alzheimer chez la personne âgée.

 

 

Les travaux récents du Pr Hélène Amieva, psychogérontologue à l'Institut de santé publique, d'épidémiologie et de développement – biostatistique à l'Université de Bordeaux, et son équipe confirment que les malentendants appareillés courent un risque moindre de dépendance, de démence et de dépression que ceux qui ont le même handicap et ne sont pas équipés.

Cette étude « Décès, dépression, démence et dépendance associée à un déficit auditif déclaré» réalisée chez 3 777 personnes âgées de plus de 65 ans sur 25 ans, établit l'existence chez les sujets rapportant des problèmes auditifs d'un risque accru de dépression (chez les hommes) mais aussi de dépendance et de démence.
Avec un suivi de 25 ans, cette étude vient confirmer « l’existence chez les sujets rapportant des problèmes auditifs d’un risque accru de dépression (chez les hommes) mais aussi de dépendance et de démence ».De plus, ces travaux montrent pour la première fois, que pour les sujets utilisant des appareils auditifs, le sur-risque lié aux « 3 D » (dépression, dépendance, démence) est absent.

 

Faire contrôler régulièrement son audition

 

À partir de 60 ans, il est nécessaire de faire régulièrement contrôler son audition tous les ans pour dépister au plus tôt une presbyacousie débutante et prendre les mesures nécessaires pour la compenser. Le diagnostic de la presbyacousie est fait par un médecin ORL (oto-rhino. Laryngologiste) après une série de tests auditifs particuliers : l'audiométrie tonale (mesure la capacité à entendre correctement) et vocale (mesure la capacité de compréhension des mots). Lorsque le médecin ORL diagnostique une presbyacousie, il en mesure les caractéristiques particulières et, en fonction de ces mesures, il prescrit un certain type d'aide auditive.


Il n’existe aucun traitement contre la presbyacousie. Mais lorsque la baisse de l’audition est trop importante, il est possible de disposer de prothèses auditives qui améliorent la vie sociale des personnes concernées.