Accompagner un proche en perte d’autonomie (handicapé ou dépendant) peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Trouble du sommeil, fatigue, anxiété, douleurs articulaires, troubles musculo-squelettiques… la santé des aidants est mise à mal.  Sans oublier qu’un aidant sur deux déclare souffrir de stress et de surmenage. Plus inquiétant encore : un tiers des proches aidants meurent avant leur proche malade.

Dans ce contexte, la santé sera la thématique de la prochaine édition de la Journée nationale des aidants, le 6 octobre. La place des 11 millions d’aidants - dont 5 millions auprès d’une personne âgée dépendante - fera partie des thèmes de la grande concertation nationale sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes qui débute en octobre.  Par ailleurs, la ministre des Solidarités et de la Santé a inscrit dans sa feuille de route « Grand âge et autonomie », présentée en mai dernier, un plan national pour les aidants.

Avec le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le développement de la prise en charge en ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile, le rôle des proches aidants sera de plus en plus important. D’où l’urgence de prendre en compte leur rôle, leur épuisement, leur droit au répit.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

29 juin 2018
Prévention

Une mauvaise audition accélère la perte d’autonomie

Une mauvaise audition accélère la perte d’autonomie

Dépister la perte d’audition chez les seniors contribue au bien-vieillir.  Trop peu diagnostiquée, la déficience auditive a d'importantes répercussions sur la vie quotidienne de la personne âgée. Selon une étude scientifique, les personnes malentendantes non équipées voient leur risque de dépendance précoce s'accroître.

 

La plupart des déficiences auditives se développent au fur et à mesure de l’avancée en âge. Selon la Fondation pour l'audition, environ 30% des personnes de plus de 65 ans souffrent de troubles de l’audition. Pour les personnes de 85 ans et plus, cette proportion passe à 70-90%., connus sous le terme de presbyacousie. Les signes évocateurs de la presbyacousie sont une baisse de la perception des sons aigus et des problèmes de compréhension dans le bruit. Avec le temps, les difficultés auditives et les troubles de la compréhension s’accentuent, y compris dans des ambiances plus calmes, et peuvent aboutir à une surdité invalidante pour la personne âgée.

 

Les 3 D (Dépression, démence, dépendance)


Encore trop peu diagnostiquée, la perte d'audition, même partielle ou progressive, n'est jamais anodine et a d'importantes répercussions sur la vie quotidienne de la personne âgée. Non traitée, la presbyacousie peut avoir un impact indirect mais important sur la perte d'autonomie. "Fréquemment, on observe chez ces personnes un déclin cognitif, des symptômes dépressifs et un isolement social", note la Fondation pour l'audition.

Une personne âgée qui entend de moins en moins bien et qui ne s’appareille pas est une personne qui s’isole et qui multiplie les risques de devenir dépendante. De récentes études démontrent la relation entre la malentendance et la dépendance des personnes âgées. Les problèmes auditifs liés à l’âge entraînent un isolement social, souvent à l’origine d’un état dépressif.« Les études faisant le lien entre santé auditive conservée et fonctions cognitives préservées sont plus nombreuses chaque année. Elles montrent pour certaines qu’une personne qui souffre d’une perte auditive légère de 25dB non prise en compte, a en moyenne une baisse de sa performance cognitive équivalente à celle d’une personne de 7 ans plus âgée et un risque d’autonomie perdue accéléré d’autant », souligne l’association Agir pour l’audition.

Des travaux de recherche américains menés par le professeur Frank R. Lin du centre Johns Hopkins de Baltimore, publiés en 2013 dans le Journal of The American Medical Association (JAMA) Neurology, ont pour la première fois relevé que le degré de perte auditive serait lié au risque de développement d’une démence ou de la maladie d’Alzheimer chez la personne âgée.

 

 

Les travaux récents du Pr Hélène Amieva, psychogérontologue à l'Institut de santé publique, d'épidémiologie et de développement – biostatistique à l'Université de Bordeaux, et son équipe confirment que les malentendants appareillés courent un risque moindre de dépendance, de démence et de dépression que ceux qui ont le même handicap et ne sont pas équipés.

Cette étude « Décès, dépression, démence et dépendance associée à un déficit auditif déclaré» réalisée chez 3 777 personnes âgées de plus de 65 ans sur 25 ans, établit l'existence chez les sujets rapportant des problèmes auditifs d'un risque accru de dépression (chez les hommes) mais aussi de dépendance et de démence.
Avec un suivi de 25 ans, cette étude vient confirmer « l’existence chez les sujets rapportant des problèmes auditifs d’un risque accru de dépression (chez les hommes) mais aussi de dépendance et de démence ».De plus, ces travaux montrent pour la première fois, que pour les sujets utilisant des appareils auditifs, le sur-risque lié aux « 3 D » (dépression, dépendance, démence) est absent.

 

Faire contrôler régulièrement son audition

 

À partir de 60 ans, il est nécessaire de faire régulièrement contrôler son audition tous les ans pour dépister au plus tôt une presbyacousie débutante et prendre les mesures nécessaires pour la compenser. Le diagnostic de la presbyacousie est fait par un médecin ORL (oto-rhino. Laryngologiste) après une série de tests auditifs particuliers : l'audiométrie tonale (mesure la capacité à entendre correctement) et vocale (mesure la capacité de compréhension des mots). Lorsque le médecin ORL diagnostique une presbyacousie, il en mesure les caractéristiques particulières et, en fonction de ces mesures, il prescrit un certain type d'aide auditive.


Il n’existe aucun traitement contre la presbyacousie. Mais lorsque la baisse de l’audition est trop importante, il est possible de disposer de prothèses auditives qui améliorent la vie sociale des personnes concernées.