L’éternelle question du financement de la dépendance va revenir en débat, dans les semaines à venir. En juin dernier, le président de la République a promis une loi votée avant fin 2019. « Nous devons avoir un débat national, indispensable pour répondre au nouveau risque de la dépendance. Sur ce sujet, l'année 2019 sera consacrée à une loi qui sera votée avant la fin de l’année. », avait déclaré Emmanuel Macron, lors de son discours devant le congrès de la Mutualité à Montpellier.

Deux tiers des Français considèrent que l'État et les pouvoirs publics doivent "prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes", et seul un tiers est favorable à une nouvelle cotisation sociale "obligatoire pour tous", selon un sondage rendu public, en mars, par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

L’enjeu est de taille. D’ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de plus de 85 ans, contre 1,5 million aujourd’hui. Face à ce choc démographique, les dépenses liées à la dépendance, estimées aujourd’hui à près de 30 milliards d’euros annuels (24 milliards d’euros en dépenses publiques, le reste reposant sur les ménages), pourraient exploser.

Un débat de société qui permettra de remettre au cœur des préoccupations le devenir des personnes âgées en perte d’autonomie.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

05 avril 2018
Avis d'expert

"L’alimentation, l’activité physique, l’activité sociale contribuent au bien-vieillir"

"L’alimentation, l’activité physique, l’activité sociale contribuent au bien-vieillir"
  • Monique Ferry, nutritioniste, gériatre

La nutrition est un élément clé d'un vieillissement réussi. Les personnes âgées notamment fragilisées doivent porter une attention particulière à leur alimentation. Conseils de Monique Ferry, chercheur Inserm à l’Université Paris 13 et ancien médecin des hôpitaux en gériatrie.

 

 

Le mal vieillir n'est pas une fatalité

 

Le processus du vieillissement est individuel. Il y a autant de vieillissement que de sujets âgés. Le mal vieillir est loin d’être une fatalité. On peut vieillir bien. Le vieillissement primaire est lié à certaines anomalies héritées de ses parents. Le vieillissement secondaire découle de la manière dont une personne va se comporter et vivre au quotidien. Si vous consommez des quantités d’antioxydants et fumez comme une cheminée, vous n’arriverez pas à bien vieillir.


Une personne âgée peut avoir une pathologie chronique qui lui permet de vivre très longtemps en bonne état de santé. L’alimentation, l’activité physique, l’activité sociale, l'adaptation du traitement à sa pathologie sont autant d'actions qui contribuent au bien-vieillir.  

Quand on est fragile, on peut redevenir robuste. On n’est pas obligé d’aller vers le handicap. Auparavant on pensait que la fragilité était irreversible mais ce n'est pas le cas. C'est une bonne nouvelle pour les personnes âgées. Par exemple quand on a une fragilité musculaire, il et possible de retrouver la capacité à monter les escaliers.

 

Les bons gestes à adopter au niveau nutritionnel


15 % des personnes âgées vivant à domicile sont dénutries. La diminution des apports alimentaires est liée à de nombreux facteurs dont le fait que la personne âgée ne peut pas se déplacer plus loin que l’épicerie du coin ou porter son panier de courses. La monotonie alimentaire aggrave la diminution alimentaire.

Les personnes âgées ont besoin de se nourrir plus que des personnes jeunes. Ainsi, à partir de 65/70 ans, pour un effort identique, la dépense énergétique augmente d’environ 20%. Il ne faut donc pas manger plus mais manger mieux car il y a un moins bon « rendement » des nutriments

 

Mangez, bougez. Ne pas être sédentaire. Bougez ne signifie pas forcément faire de la gymnastique, cela signifie ne pas être sédentaire.


Certains types de médicaments modifient le goût. Quand on prend beaucoup d’eau avec les médicaments d’eau avant le repas, on a moins faim. Il faut retenir le fait que l’on peut prendre des médicaments à la fin d’un repas.

 

 Le calcium est à privilégier par voie alimentaire chez la personne âgée.

 

Les régimes restrictifs sont exclus après 70 ans, car ils ont alors un effet contraire à celui attendu, créant une dénutrition. La problématique des personnes âgées est de conserver l’appétit et le plaisir de manger, et il ne faut pas que des contraintes s’y opposent. Garder l’envie de manger peut persister chez la personne âgée.

 

Une alimentation variée pour un vieillissement réussi



Le site www.ateliercuisinesenior.com réalisé par la Société française de gériatrie et de gérontologie. Une alimentation variée, riche en fibres, vitamines, minéraux et antioxydants est la clef d’un vieillissement réussi. Or, nous avons constaté une diminution de la pratique culinaire chez les seniors, d’où la possible installation de carences et du risque de dénutrition qu’elle entraîne, voire une prise de poids non bénéfique, par inadaptation des apports aux besoins…
Remettre en question des habitudes acquises, souvent restrictives, (avec l’âge, les recommandations en termes d’interdits s’ajoutent, et s’annulent rarement), permet d’améliorer les apports en aliments essentiels tout en répondant aux besoins nutritionnels plus spécifiques du vieillissement. Pour ce faire, nous avons privilégié des recettes « adaptées » seniors…pour une meilleure utilisation des composants essentiels.