Pour les personnes âgées comme pour leurs proches aidants, la saison estivale est bien souvent une période qui appelle à de nombreuses vigilances. C’est tout particulièrement vrai quand la France est touchée par un épisode caniculaire comme c’est le cas depuis le 24 juin. Les températures devraient osciller sur la plupart des régions entre 35 °C à 39 °C pendant toute la semaine.
Avec le réchauffement climatique, ces épisodes caniculaires seront de plus en plus nombreux et de plus en plus intenses. Depuis la canicule de 2003 et ses 15.000 décès entre le 1er et 20 août, majoritairement chez les personnes âgées, la France a adopté le Plan national canicule, un dispositif de prévention efficace. Mais il n’est pas superflu de rappeler, comme le fait Domimag, les mesures de précaution à prendre pour protéger les personnes âgées lors des fortes chaleurs.
Redoublons de vigilance surtout avec les personnes âgées isolées ! Celles qui le sont tout au long de l’année tout comme celles qui le seront durant les mois de juillet et d’août, avec le départ en vacances de leurs proches. Repérer, prévenir, conseiller, sensibiliser : quand les températures grimpent, les professionnels de l’aide à domicile jouent alors un rôle clé auprès des seniors les plus fragiles.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
Votre partenaire expert vous offre DOMIMAG, le magazine du bien-vieillir chez vous qui vous informe, vous conseille, vous oriente.

Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

30 juin 2016
Avis d'expert

70 % des Français ignorent l’entrée en vigueur de la loi Vieillissement

70 % des Français ignorent l’entrée en vigueur de la loi Vieillissement
  • Six mois après, la loi « Vieillissement » toujours méconnue

La loi d’Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV) est entrée en vigueur le 1er janvier 2016. Elle est axée sur le soutien à domicile des personnes âgées dépendantes et l’aide aux aidants. Six mois après, selon une enquête, 7 Français sur 10 méconnaissent encore les mesures de cette loi.

 

La loi d'adaptation de la société au vieillissement a été publiée au Journal Officiel du 29 décembre. Ce texte entre en vigueur à compter du 1 er janvier 2016.

Six mois après, Cap Retraite, qui a lancé une consultation citoyenne et solidaire aux côtés de l’Association Française des Aidants et de la Fondation pour le Recherche sur Alzheimer, donne la parole aux aidants, personnes âgées et professionnels du secteur médico-social. 1 215 personnes (aidants en majorité, professionnels du secteur médico-social, personnes âgées…) ont été sondées en ligne, du 30 mai au 12 juin 2016.


7 Français sur 10 ignorent que la loi ASV est effective.


L’enquête réalisée par Cap Retraite souligne de surcroît que les aidants et les personnes âgées ne connaissent pas les principales mesures élaborées en leur faveur (82 %).
La majorité des professionnels du secteur médico-social fait également état de cette lacune (61 %).
Une réalité qui empêche souvent les familles d’accéder à leurs droits :
·    En dépit de leur épuisement, point central du vécu de 400 000 aidants aujourd’hui en France, 3 Français concernés sur 4 reconnaissent ne pas savoir faire valoir leur droit au répit.
·    Malgré leur volonté de vieillir à domicile, plus d’1 Français sur 2 ne sait pas comment procéder pour bénéficier d’aides à l’aménagement de l’habitat.

84 % des Français sont favorables aux nouvelles mesures de la loi ASV
De façon générale, les mesures phares de la loi, une fois expliquées aux sondés, sont appréciées. 84 % des sondés affirment même être susceptibles d’y avoir recours, à plus ou moins long terme.
C’est la création du statut de «proche aidant» qui remporte l’adhésion générale (81 % de satisfaction). Et pour cause :
·    elle offre une reconnaissance à plus de 4,3 millions de personnes aidant un proche âgé.
·    Les perspectives apportées en termes de maintien à domicile, telles que l’aménagement de 80 000 logements privés sont également appréciées par 71 % des sondés.
58 % des Français dans l’attente de plus de soutien financier
Le soutien financier reste au centre des attentes des Français. Pour 58 % d’entre eux, des progrès restent à fournir quant à la revalorisation de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie à domicile (APA).
Le coût de la prise en charge en maison de retraite demeure également une problématique majeure : les sondés
sont 39 % à exprimer le souhait de voir une hausse de l’APA en établissement.


Une revalorisation de l’Aide personnalisée à l’autonomie (APA)

 

Revalorisation des plafonds des plans d’aide

L’Etat consacrera 375 millions d’euros par an pour la revalorisation de l'Aide personnalisée à l'autonomie (APA) à domicile. Les plafonds mensuels de l’APA seront revalorisés : un bonus de 400 euros en GIR 1 (dépendance la plus lourde), de 250 euros en GIR 2, de  150 euros en GIR 3 et de 100 euros en GIR 4. 

Cela représente concrètement, une heure d’aide à domicile supplémentaire par jour pour les personnes les plus dépendantes et une heure par semaine pour les autres.

Réduction du reste à charge
Le ticket modérateur, c’est-à-dire la participation financière restant à la charge de la personne âgée sera diminuée : jusqu’à 60% pour les plans d’aide compris entre 350 et 550 euros et jusqu’à 80% pour les plans supérieurs à 550 euros.

 

« La quasi-totalité des bénéficiaires de l’APA à domicile (600 000 personnes) profiteront d’une baisse substantielle de leur reste à charge », précise le ministère.
Par exemple, pour une personne en GIR 1 disposant de 1 500 euros de revenus mensuels, le reste à charge passera de 400 à 250 euros, soit une économie de 1 800 euros par an.

 

Tous les bénéficiaires de l’allocation de solidarité avec les personnes âgées (ASPA, ex minimum vieillesse) pourront être aidés à domicile sans aucun reste à charge.

Les conseils départementaux, qui gèrent l'APA, doivent adapter leurs systèmes informatiques et devraient être prêts au 1er mars, selon Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat aux Personnes âgées et à l’Autonomie.

 

Reconnaissance du statut  de "proche aidant"


La loi d’adaptation de la société au vieillissement reconnaît le statut de "proche aidant". L'article 51 de la loi  précise "Est considéré comme proche aidant d’une personne âgée son conjoint, le partenaire avecqui elle a conclu un pacte civil de solidarité ou son concubin, un parent ou un allié, définis comme aidantsfamiliaux, ou une personne résidant avec elle ou entretenant avec elle des liens étroits et stables, qui lui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne. »


La création d’un «droit au répit »

 

Aujourd’hui, plus de 4 millions de personnes aident un proche âgé vivant à domicile. La nouvelle loi instaure un droit au répit permettant aux aidants qui accompagnent les personnes atteintes d’une grande perte d’autonomie de prendre un temps de repos
Pour ce faire, les aidants pourront bénéficier d'une allocation annuelle pouvant atteindre 500 € par an et par personne aidée. Le montant de l’aide pourra également être augmenté en cas de nécessité passagère, ou en cas d’hospitalisation du proche aidant.
Cette allocation permettra de  financer par exemple une semaine d’hébergement temporaire (pour un tarif journalier moyen de l’ordre de 65 euros) pour permettre à l’aidant de partir en vacances, l’équivalent de 15 jours en accueil de jour (pour un tarif journalier moyen de l’ordre de 30 euros), pour permettre à l’aidant de bénéficier de journées de répit ou de  renforcer temporairement l’aide à domicile (environ 25 heures supplémentaires, à répartir en fonction des besoins) pour permettre à la personne aidée de rester à domicile pendant que son aidant fait une « pause »


Le congé de proche aidant


Le congé de soutien familial, prévu dans le Code du travail, est aménagé pour devenir un « congé de proche aidant ». Le congé reste ouvert aux salariés ayant au moins deux ans d’ancienneté dans l’entreprise. Il n’est ni rémunéré par l'employeur ni indemnisé par la sécurité sociale.
La loi élargit la liste des proches pouvant être accompagnés au-delà du cercle familial.
La nouvelle version du congé permet au salarié de s'absenter pour "la personne âgée ou la personne handicapée avec laquelle il réside ou entretient des liens étroits et stables, à qui il vient en aide de manière régulière et fréquente à titre non professionnel pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne". (Pour en savoir plus, lire l’article DOMIMAG " Bénéficier du congé de proche aidant")


Un plan national d’adaptation du domicile


Un plan national d’adaptation de 80 000 logements privés d’ici à 2017 a été lancé. Doté de 250 millions d’euros, il doit permettre à davantage de personnes âgées d'aménager leur domicile à leur perte d'autonomie. L’accès aux aides techniques (domotique, télé-assistance, capteurs, chemins lumineux, etc) sera facilité pour les personnes au revenu modeste, au moyen d’une enveloppe annuelle de 140 millions d’euros.