L’année 2019 marquera-t-elle un vrai virage dans la politique d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie ? Une loi « Grand âge et autonomie » a été promise par le gouvernement notamment pour régler l’éternelle question du financement de la prise en charge de la dépendance.

Les Français sont préoccupés par la question de la perte d’autonomie et attendent des solutions pour les personnes âgées. Pour preuve, leur forte mobilisation pour contribuer à la consultation citoyenne en ligne « Comment mieux prendre soin de nos aînés ? », dans le cadre de la concertation nationale « Grand âge et autonomie » : 414.000 personnes de tous âges ont participé. Elles ont posté pas moins de 18.000 propositions. Au total, 1,7 million de votes ont été enregistrés ! Cette consultation « se distingue par son ampleur exceptionnelle », s’est félicité le ministère des Solidarités et de la Santé.

Sans surprise, les Français plébiscitent le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et définissent trois priorités : l’adaptation des logements, l’équipement en solutions innovantes et le développement d’une vraie offre de services à domicile. En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement, dite loi ASV, avait donné la priorité au soutien à domicile et à l’aide aux aidants. La future loi sur le grand âge devrait renforcer ces deux axes. La concertation se poursuit, un rapport préparatoire pour le projet de loi doit être remis au gouvernement en janvier.

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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

04 juillet 2018
Avis d'expert

Médicaments et canicule : les règles à respecter

Médicaments et canicule : les règles à respecter
  • Une canicule ne justifie pas l'arrêt ou la diminution des traitements

Les personnes âgées en perte d'autonomie sont souvent atteintes de plusieurs pathologies. Lors des fortes chaleurs estivales, il faut être vigilant car certains médicaments peuvent empêcher ou gêner la thermorégulation du corps. Il est également important de respecter les conseils de conservation et de transport des produits de santé. Voici les recommandations de l'Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM).

 

Quels types de médicaments nécessitent une une vigilance accrue lors d'une vague de chaleur ?


• Les diurétiques, médicaments utilisés pour augmenter l'élimination d'eau par les reins, les anti-inflammatoires peuvent aggraver la déshydratation. Les traitements contre le diabète ou le cholestérol qui sont susceptibles d'altérer la fonction rénale.
• Les neuroleptiques ou les antidépresseurs, peuvent entraîner une hyperthermie, car ils peuvent dérègler la capacité du cerveau à donner l'ordre de réguler la température de l'organisme.
• Certains antimigraineux dits vasoconstricteurs, réduisant le diamètre des vaisseaux sanguins dans le traitement de migraines dues à une vasodilatation des vaisseaux du cerveau, peuvent également empêcher la dilatation des vaisseaux de la peau, et ainsi entraver une bonne élimination de la chaleur corporelle par transpiration.
• Certains traitements de la dépression, de la maladie de Parkinson, de l'incontinence urinaire, de l'allergie, peuvent aussi réduire le phénomène de transpiration.
• Les tranquillisants et sédatifs peuvent altérer la vigilance, et ainsi diminuer les facultés de défense d'un individu contre la chaleur.

 

Les personnes âgées doivent-elle changer la prise de leur traitement lors des fortes chaleurs ?


Dans la plupart des cas, un médicament ne représente pas, à lui tout seul un risque, surtout s'il est bien utilisé. D'autres facteurs de risque entrent en ligne de compte comme la maladie ou le grand âge.
« En aucun cas lors d'une canicule, il n'est justifié d'envisager d'emblée et systématiquement une diminution ou un arrêt des médicaments pouvant interagir avec l'adaptation de l'organisme à la chaleur. C'est au cas par cas, qu'il revient au médecin traitant d'évaluer toute modification du traitement », rappelle l'ANSM. Même en cas de canicule, les personnes âgées doivent bien suivre le traitement prescrit (posologie, heure des prises). Elles doivent boire très régulièrement de l'eau tout au long de la journée, même sans soif. Soyez attentif à tout signe d'alerte, notamment à une déshydratation ou à des effets secondaires inhabituels ou amplifiés. Attention toutefois, il n'est pas question de modifier soi-même la posologie du traitement. Le médecin évaluera d'éventuels symptômes et déterminera le degré d'hydratation.

 

Quelles précautions spécifiques pour les traitements de personnes âgées diabétiques ?


Les insulines sont à la fois sensibles à la chaleur et à la lumière. Les bandelettes et les solutions de contrôle doivent être stockées dans un endroit sec et frais. Utilisez des pochettes isothermes sans pack de glace. Les lecteurs de glycémie risquent de donner des résultats erronés voire aucun résultat s'ils sont exposés à de trop fortes chaleurs. En cas de déplacement lors de périodes chaudes, pensez à les transporter dans des sacs isothermes sans glace.

 

Comment conserver les médicaments en cas de chaleur ?

 

Les médicaments sans mention particulière de conservation, ne craignent pas une exposition aux températures élevées telles qu'observées pendant les périodes de canicule. En effet, les laboratoires pharmaceutiques doivent démontrer, pendant les essais sur les médicaments, l'absence de dégradation après exposition pendant 6 mois à une température de 40°C.

Les médicaments indiquant une conservation inférieure à 25°C ou 30°C résistent à un dépassement ponctuel de ces températures, de quelques jours à quelques semaines.

Les médicaments devant être conservés entre +2°C et +8°C, résistent à un bref séjour hors du réfrigérateur.

D'une manière générale, éviter absolument de laisser tout médicament à l'intérieur d'une voiture exposée en plein soleil. Tout séjour, même bref, à des températures dépassant 40°C, expose un médicament à une dégradation irréversible de sa qualité et de son efficacité.

 

Pas d'aspirine ni de paracétamol !


Attention : en cas de fortes chaleurs, pour traiter la fièvre ou les maux de tête, il est déconseillé de prendre de l'aspirine ou du paracétamol. En effet, le paracétamol est inefficace en cas de coup de chaleur, et l'aspirine peut gêner la thermorégulation de l'organisme.