On les a longtemps surnommés « Les Invisibles ». Ils tendent à l’être de moins en moins. Eux, ce sont les 11 millions de proches aidants d’une personne en perte d’autonomie. Plus de 4,5 millions d’entre eux accompagnent une personne âgée dépendante. L’actualité de ces dernières semaines montre que la reconnaissance des proches aidants avance pas à pas. Une reconnaissance de leur rôle essentiel aux côtés des professionnels du grand âge et du handicap mais également de leurs besoins d’être aidés, soutenus, soulagés, relayés.
La parution d’une récente loi sur la reconnaissance des proches aidants prévoit d'intégrer dans la négociation collective des branches professionnelles des mesures destinées à faciliter la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle des salariés proches aidants.
La ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé qu’une série de mesures pour les proches aidants serait en réflexion cet été afin d’entrer en vigueur dès 2020. L’indemnisation du congé du proche aidant devrait être au programme. Depuis le 10 mai et jusqu’à fin 2021, des expérimentations de deux nouveaux dispositifs de répit pour les proches aidants sont lancées : le relayage et les séjours de répit aidant-aidé.
Les proches aidants sortent peu à peu de l’oubli. Pour les professionnels de l’aide à domicile, ces conjoints, enfants, frères et sœurs, amis, voisins des personnes en perte d’autonomie sont considérés, depuis longtemps, comme de précieux partenaires.
Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

06 juin 2019
Avis d'expert

« Pour prévenir la maladie d'Alzheimer, il faut aimer la vie »

« Pour prévenir la maladie d'Alzheimer, il faut aimer la vie »
  • Comprendre les mécanismes de la maladie d'Alzheimer

Les Entretiens Alzheimer, conférence ouverte au grand public, ont pour objectif de partager les dernières données thérapeutiques et les perspectives d'avenir sur la maladie d'Alzheimer. Lors de l'édition parisienne le 3 juin, le Dr Olivier de Ladoucette, président de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer a exposé son analyse de la prévention de la maladie d'Alzheimer.


"A âge constant, il y a aujourd'hui moins de risques de développer la maladie d'Alzheimer aujourd'hui qu'avant. Si on retarde de cinq ans la maladie d'Alzheimer on divise par deux le nombre de patients. C'est une pathologie qui a tendance à toucher les personnes en fin de vie, et donc si les personnes décèdent avant que la maladie se déclare cela diminue évidemment le nombre de patients. Mais ce que l'on souhaite, c'est vivre longtemps sans la maladie d'Alzheimer", a expliqué en introduction de son intervention, le Dr Olivier de Ladoucette, psychiatre gérontologue et président de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer. 

Une maladie aux causes inconnues

"On travaille sur cette pathologie depuis quarante ans, on commence à connaître un certain nombre de choses mais le cerveau est un organe extrêmement complexe qui n'a pas du tout percé ses mystères. La maladie d'Alzheimer touche 900 000 personnes en France mais ses causes restent très méconnues mis à part les formes familiales extrêmement rarissimes, entre 1 et 5%, causées par des anomalies génétiques clairement identifiées. Pour le reste ce sont des formes dites sporadiques pour lesquelles on manque sérieusement d'information.

Alzheimer est une maladie plurifactorielle, c'est une mauvaise nouvelle dès lors que l'on est chercheur car cela signifie que quand on a trouvé quelque chose on est loin d'être arrivé à la solution tous ces facteurs interviennent d'une manière ou d'une autre. Il en va de la maladie d'Alzheimer comme d'un quinté perdant, si vous avez les cinq facteurs dans l'ordre, vous êtes sûr d'avoir la maladie d'Alzheimer. Si vous avez les cinq facteurs dans le désordre, vous l'aurez peut-être à 75/80 ans. Si vous avez trois facteurs dans l'ordre, vous l'aurez peut-être à 85 ans. Et si vous avez trois facteurs dans le désordre, vous l'aurez peut-être pas du tout ou à 95 ans. Les possibilités d'avoir une maladie d'Alzheimer sont multiples et donc comprendre le mécanisme de cette maladie est extrêmement difficile.


En médecine, il y a deux types de prévention : la prévention primaire qui évite que la maladie apparaisse et la prévention secondaire qui permet de diagnostiquer précocement la maladie. Qu'en est-il pour la maladie d'Alzheimer ?

 

"La maladie d'Alzheimer est une pathologie sous-tendue par l'agrégation anormale, pathologique de deux protéines, la protéine tau [en anglais : tubulin-associated unit] et la protéine β-amyloïde. L'accumulation de cette protéine se fait très lentement, progressivement et les symptômes ne vont pas apparaitre d'emblée. Il y a une phase pré-clinique pendant laquelle les protéines vont s'accumuler lentement dans notre cerveau, à notre insu. Notre cerveau va compenser, va essayer de réparer quand il y aura des réseaux défectueux, d'autres réseaux vont prendre la place grâce à un mécanisme que l'on appelle la plasticité neuronale."

Quand on parle de prévention, est-ce que l’on parle de la phase qui précède les premiers signes cliniques, la phase pendant laquelle la protéine s’accumule de manière insidieuse et est-ce que l’on va aider le cerveau à compenser ou est-ce que l’on va être dans la phase clinique où les premiers symptômes apparaissent et on va éviter qu’ils ne se développent trop rapidement et ne prennent trop d’ampleur.

Tout le long de notre vie, nos comportements ont un impact sur l’apparition de la maladie.

"Aujourd’hui on ne sait pas comment empêcher la maladie de démarrer, en revanche on a identifié des comportements qui permettent d’aider au contraire qui empêche le cerveau de lutter contre l’évolution de cette pathologie qui va rester sans signes cliniques pendant de nombreuses années. Certains de ces comportements vont aider le cerveau à être plus performant et compenser avec plus d’efficacité la destruction des neurones. D’autres au contraire vont empêcher le cerveau de compenser et vont être des facteurs précipitants. La prévention de la maladie d’Alzheimer n’a pas d’âge. Elle peut commencer très tôt."

Les facteurs de risque après 60 ans

Le diabète, le tabagisme, la sédentarité.

Les maladies cardio-vasculaires.

La surdité. « C’est un vrai sujet surtout chez les hommes car la surdité touche à peu près 30% des hommes et ils sont très peu à accepter de s’appareiller tôt et c’est une très auvaise idée car plus on est appareillé tôt plus on freine le déclin de l’audition. La surdité est l’un des premiers facteurs de la dépression, de l’isolement social, les troubles du sommeil », insiste le Dr Olivier de Ladoucette.

Les facteurs protecteurs :

L’alimentation équilibrée (Omega 3)

L’activité physique et mentale

Pour prévenir la maladie d’Alzheimer, il faut aimer la vie, rester curieux des choses et être actif.Dès lors vous mettez un maximum de chances de votre côté de limiter l’apparition des lésions cérébrales » a conclu le Dr Olivier de Ladoucette