Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a présenté le 30 mai sa feuille de route pour les personnes âgées. L’objectif est double : améliorer dans l’immédiat la qualité de vie des personnes âgées; anticiper et faire face au défi de la perte d’autonomie.

Le gouvernement s’engage notamment à déployer un « plan global d’aide aux aidants » qui devrait comprendre les mesures suivantes : la mise à disposition d’une information exhaustive sur les dispositifs existants; le développement de solutions de répit adaptées aux besoins des aidants, y compris à domicile; le développement de l’accueil de jour et de l’hébergement temporaire pour les personnes âgées; l’amélioration des conditions de l’articulation entre vie professionnelle et soutien aux personnes âgées. 

La ministre a également annoncé le lancement, dans les prochaines semaines, d’un débat public et citoyen sur le modèle et le financement de la perte d’autonomie à l'horizon 2025-2030.
Une consultation citoyenne sera organisée aux niveaux national et territorial et permettra à chacun de s’exprimer et de contribuer.

Aujourd’hui, la France compte 1,5 million de personnes de 85 ans et plus. A l’horizon 2050, elles seront 4,8 millions. L’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie est donc l’affaire de tous !

Avec ses 80 agences en France, ses intervenants qualifiés et diplômés, DOMIDOM est l’acteur référent de l’accompagnement et de la prise en charge des seniors à domicile.
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Damien Cacaret - Docteur en pharmacie et fondateur du réseau Domidom

01 mars 2018
Cancer

Cancer colorectal, le dépister à temps peut vous sauver la vie

Cancer colorectal, le dépister à temps peut vous sauver la vie

En France, le mois de mars est consacré à la sensibilisation au cancer colorectal.  Deuxième cancer le plus meurtrier, le cancer colorectal se guérit pourtant dans 9 cas sur 10 s'il est détecté à un stade précoce. L'Institut national du cancer (INCa) rappelle qu' il est important que les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans participent au dépistage.

 

 Le dépistage organisé du cancer colorectal s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans, ne présentant ni symptômes, ni facteurs de risque autre que l’âge soit 16,5 millions de personnes. Tous les 2 ans, ces personnes sont invitées par courrier à réaliser un test de dépistage qui consiste en la recherche de sang occulte dans les selles. Ce test, facile d’utilisation et ne nécessitant qu’un seul prélèvement, se fait chez soi. 

 

Le cancer colorectal concerne aussi bien les femmes (près de 21 000 cas) que les hommes (plus de 24 000 cas). Dans 90 % des cas ce cancer peut être guéri lorsqu’il est détecté à un stade précoce. Diagnostiqué plus tard, son traitement est lourd, contraignant et ses résultats incertains. Pourtant selon les derniers chiffres publiés par Santé publique France, le taux de participation au programme national de dépistage, malgré une légère hausse, reste en dessous des recommandations européennes d’un seuil minimum de 45 %. Il est de 33,5 % sur la période 2016/2017 versus 29 % sur la période 2015/2016.

 

Chez les personnes de 50 ans et plus, le dépistage du cancer du côlon, basé sur la recherche d'un saignement occulte dans les selles, avant même l'apparition du moindre symptôme digestif, est un atout. Il permet de détecter des lésions précancéreuses et de les traiter, donnant alors toutes les chances de guérison au patient. Cette méthode efficace est problématique pour certains patients :

1) gêne à l'égard de la localisation de ce cancer : le côlon et le rectum représentent un sujet tabou ;

2) embarras provoqué par le fait de devoir manipuler ses selles .Il faut lever ces freins, car avec 42 000 nouveaux cas par an, le cancer colorectal se situe, tous sexes confondus, au 3e rang des cancers les plus fréquents (derrière les cancers de la prostate, du sein, du poumon) : le 2e chez les femmes et le 3e chez les hommes.

 

Dépistage du cancer colorectal

 

Aujourd'hui, on dispose du test immunologique pour les personnes dites « à risque moyen » pour lesquelles seul l'âge constitue un facteur de risque, 95 % des cancers colorectaux apparaissant après 50 ans. Toute personne âgée de 50 à 74 ans, sans antécédent familial ni personnel de cancer colorectal ou d'adénome, et sans symptôme évocateur (saignements...), peut prétendre au dépistage organisé du cancer colorectal. L'INCa souligne que si le patient présente des symptômes tels que : présence de sang rouge ou noir dans les selles ; douleurs abdominales persistantes et d'apparition récente, surtout après 50 ans ; des troubles du transit persistants et d'apparition récente ou une alternance de ces états ; amaigrissement inexpliqué, il faut réagir très vite et en parler à médecin qui adressera le patient à un gastro-entérologue pour une coloscopie.

 

Entre 50 et 74 ans, vous êtes invité par courrier, tous les deux ans, à consulter votre médecin traitant afin qu'il vous remette un test de dépistage.

Ce courrier vous est envoyé par la structure en charge des dépistages dans votre département. Vous pouvez aussi obtenir un kit de dépistage chez votre médecin traitant sans attendre votre lettre d'invitation, à l'occasion d'une consultation.

Votre médecin vous pose les questions qui lui permettront de déterminer votre niveau de risque et vous oriente vers la modalité de dépistage adaptée à votre situation.

 

Un test simple, pratique, efficace

 

Le test immunologique, désormais disponible, est un test simple, pratique et efficace qui vise à déceler la présence de sang humain dans les selles. En effet, certains polypes ou cancers provoquent des saignements souvent minimes et donc, difficiles voire impossibles à détecter à l'œil nu.

Ce test, à réaliser chez vous, consiste à prélever un échantillon de selles et à l'envoyer au laboratoire de biologie médicale dont l'adresse est indiquée sur l'enveloppe T fournie avec le test. Un mode d'emploi détaillé et illustré, remis avec le test, et une vidéo sont à votre disposition pour vous aider à le réaliser.

Attention : il est essentiel d'indiquer la date à laquelle vous avez réalisé votre test, faute de quoi il ne pourra pas être interprété. Il est également important de l'envoyer sous 24 heures et donc, d'éviter de le poster les veilles de jours fériés.

Le laboratoire vous transmet le résultat de votre test sous 15 jours, avec copies à votre médecin traitant et à la structure en charge des dépistages dont vous dépendez.

Si vous souhaitez consulter ce résultat sur Internet, inscrivez-vous sur le site www.resultat-depistage.fr.

Votre résultat est négatif (environ 96 % des cas) : cela signifie qu'aucun saignement pouvant témoigner de la présence d'un cancer ou de lésions précancéreuses n'a été détecté au moment du test. N'oubliez pas de refaire le test tous les 2 ans.

À noter : certains polypes ou cancers peuvent ne pas être identifiés par le test s'ils ne saignent pas. Consultez votre médecin si des douleurs abdominales ou des troubles digestifs inhabituels et persistants apparaissent, ou en cas de présence de sang dans vos selles.

Votre résultat est positif (environ 4 % des cas) : cela ne signifie pas que vous avez un cancer mais que du sang a été détecté dans vos selles. Pour en identifier l'origine, votre médecin vous adressera à un gastroentérologue afin qu'il réalise une coloscopie. Effectué sous anesthésie, cet examen permet de déceler la présence éventuelle de polypes et de les retirer avant qu'ils ne se transforment en cancer. Si un polype a déjà évolué en cancer, plus on le détecte tôt, plus les chances de guérison sont importantes. Dans plus de la moitié des cas, la coloscopie ne décèle aucune anomalie. Elle détecte un polype dans 30 à 40 % des cas et un cancer dans 8 % des cas.

 

Intégré en avril 2015 dans le programme national de dépistage organisé, le test immunologique de dépistage a démontré ses bonnes performances en termes de détection de cancers et de lésions précancéreuses. Ainsi, selon l’évaluation épidémiologique conduite par Santé publique France, le nouveau test permet de détecter 2,4 fois plus de cancers et 3,7 plus d’adénomes avancés (lésions précancéreuses) que l’ancien test au Gaïac

 

Combien ça coûte ?

 

Le test et son interprétation sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, sans avance de frais de votre part. La consultation chez le médecin traitant est remboursée à 70 % par l'assurance maladie, sur la base du tarif conventionné de 23 euros. Le reste à votre charge est remboursé par votre complémentaire de santé (assurance, mutuelle) si vous en avez une.